Médicaments : les labos s'insurgent contre le "paquet neutre"

L'Agence nationale de sécurité du médicament a recommandé de rendre moins visibles les marques et les arômes sur le devant des boîtes, au profit de la dénomination scientifique des substances actives et de l'indication du produit.

Une pharmacie d\'Angoulême (Charente), le 25 janvier 2018.
Une pharmacie d'Angoulême (Charente), le 25 janvier 2018. (BURGER / PHANIE / AFP)

Le paquet de médicament neutre fait polémique. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié fin février des recommandations pour rendre moins visibles le nom des marques et les arômes sur le devant de la boîte, au profit de la dénomination scientifique des substances actives et de l'indication du produit. Exemple pour l'Imodium : "Chlorhydrate lopéramide" et "diarrhées aiguës passagères".

De quoi énerver l'Association française des fabricants de médicaments vendus sans ordonnance (Afipa). Elle s'est insurgée, jeudi 31 mai, contre ces recommandations. "On s'inquiète vraiment d'un risque de confusion pour les patients", a déclaré sa déléguée générale, Daphné Lecomte-Somaggio. Sur le segment des médicaments en vente libre dans les officines, "on sait très bien que les patients choisissent leurs produits par rapport à la marque. Or, là, on est sur un paquet neutre où ils n'auront plus de repères", a-t-elle estimé.

L'ANSM veut "prévenir les erreurs"

Face à ces inquiétudes, l'ANSM a défendu ses recommandations. "Aujourd'hui, les patients ne retiennent que la marque. Et certaines recouvrent jusqu'à huit médicaments différents. C'est le travers : des patients qui se plaignent d'effets secondaires à leur pharmacien ne savent pas quel médicament ils ont pris", a expliqué la directrice juridique de l'ANSM, Carole Le Saulnier. "Nous voulons faire en sorte que les paquets soient le plus lisibles possible, pour prévenir les erreurs", a ajouté le directeur de la surveillance, Patrick Maison.