Les pharmaciens en grève : "Je n'ai pas fait pharmacie pour vendre des shampoings"

Une partie des pharmacies pourrait être fermée ce jeudi. Les syndicats appellent à la grève et à des manifestations pour protester contre la baisse des prix de certains médicaments.

Certaines pharmacies sont en grève, jeudi 25 janvier.
Certaines pharmacies sont en grève, jeudi 25 janvier. (CYRIL DODERGNY / MAXPPP)

Les croix vertes seront éteintes sur les devantures de certaines pharmacies ce jeudi 26 janvier, notamment en Auvergne, en Bourgogne, dans le Nord-Pas-de-Calais ou encore en région parisienne.

Un syndicat de pharmaciens, l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), appelle en effet à la grève et à des manifestations. Le but est de peser sur les prochaines négociations conventionnelles qui débuteront le 22 février prochain avec l'assurance maladie, et de mettre sur la table la question de la baisse de prix de certains médicaments.

Des négociations qui commencent mal

Les pharmaciens sont inquiets de l'évolution de leur métier, provoquée par cette diminution des tarifs. "Nous sommes en négatif sur notre revenu, nous sommes considérés comme une source d'économie et en aucun cas comme une profession de santé qui doit se réformer", explique Gilles Bonnefond, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine.

Celui-ci affirme qu'aujourd'hui les pharmaciens sont les seuls à subir de plein fouet cette baisse de prix. "Les laboratoires peuvent supporter ces économies, parce qu'ils se rattrapent sur les médicaments qui sont mis à disposition de l'hôpital. Mais nous, nous n'avons aucune corde de rattrapage."

Gilles Bonnefond a été très choqué par certains propos tenus. "Le fait que l'on dise, 'puisque vous vendez des shampoings, vous vous rattrapez'. Moi je n'ai pas fait pharmacie pour vendre des shampoings !", s'offusque-t-il.

J'ai fait pharmacie pour accompagner les patients fragiles. On ne va pas m'expliquer que je vais me rattraper sur la crème anti-rides et les shampoings. Je trouve cela vexant et choquant.Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine

Il ajoute avec colère : "Il faut rectifier le tir avant qu'il ne soit trop tard". À Paris, un rassemblement est prévu jeudi matin devant le siège de l'assurance maladie. D'autres manifestations sont prévues dans différentes villes de France.

Gilles Bonnefond, président de l'union des syndicats de pharmaciens d'officine.
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