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Le baclofène n'est pas un médicament "miracle" mais "il diminue le besoin d'alcool"

Deux études publiées vendredi confirment l'efficacité du médicament baclofène contre la dépendance à l'alcool. 

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Radio France
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Le baclofène permet de lutter contre la dépendance à l'alcool.  (FRED DOUCHET / MAXPPP)

Le baclofène permet de réduire la consommation d'alcool chez les personnes dépendantes, confirment deux études rendues publiques vendredi 17 mars. Les résultats de ces travaux ont été dévoilés à l'ocasion de journées annuelles de la société française d'addictologie à Paris.

Si le baclofène est loin d'être le médicament "miracle" que "certains attendaient", il permet néanmoins de "supprimer les pulsions à consommer" et "le besoin d'alcool", a expliqué sur franceinfo Michel Reynaud, professeur en addictologie à l'hôpital Paul-Brousse, responsable de l'étude Alpadir.

franceinfo : Concrètement, comment agit le baclofène ?

Michel Reynaud : Le baclofène agit sur les récepteurs du cerveau qui ont été modifiés par l'alcool. Il diminue le besoin d'alcool. La vraie dépendance, c'est le besoin compulsif de consommer. Et le baclofène permet précisément de supprimer les pulsions à consommer, ce que nous appelons de façon scientifique le "craving".

Le sevrage total est-il envisageable ?

Ce médicament a effectivement un effet dans la réduction de la consommation, mais on peut tout à fait aller vers l'abstinence. C'est aux patients de choisir. Avec le baclofène et un autre médicament sorti quelques années auparavant, le selincro, le nombre de patients soignés a doublé, on est passé de 100 000 patients à 200 000 par an. Mais sur un million au total ! C’est-à-dire qu'on a entre 10 et 20% de patients soignés. Pour les autres, il faut les accompagner vers ce qu'on appelle "la nécessité de l'abstinence", parce quand on très dépendant, on vit mieux dans l'abstinence que dans la souffrance de la dépendance, et pour cela, il faut se faire aider par les associations d'anciens patients.

Combien de vies pourraient être sauvées avec ce traitement ?

L'alcool, c'est 50 000 morts par an, et dix fois plus de dommages familiaux, sociaux, de violences… C'est colossal ! Donc oui, ces médicaments, comme le baclofène, valent la peine, même si ce n'est pas le miracle que certains ont clamé ou attendaient. C'est un plus, qui facilite la possibilité pour les gens de venir demander de l'aide.

"Avec ce traitement, ça marche pour un cas sur deux" - Michel Reynaud, professeur en addictologie à franceinfo
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