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Alzheimer : la recherche avance difficilement, mais "des pistes thérapeutiques existent"

Les chercheurs travaillent notamment sur des protéines particulières, qui permettraient au cerveau de lutter contre la maladie.

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Radio France
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Ce vendredi 21 septembre s'est déroulée la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Si "les essais thérapeutiques sont tous restés négatifs, il faut relativiser", a expliqué vendredi 21 septembre sur franceinfo la professeur Marie Sarazin, responsable de l’unité de neurologie de la mémoire et du langage du centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris, à l'occasion de la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer. Environ 900 000 personnes en France souffrent de cette pathologie

franceinfo : Les recherches sur Alzheimer avancent très difficilement. Les laboratoires semblent démunis. Faut-il se décourager ?

Marie SarazinCe qui est vrai, c'est que les essais thérapeutiques sont tous restés négatifs. Mais il faut relativiser, ils sont tous testés sur une même piste, sur la même hypothèse, sur une protéine malade. Ils ont essayé de freiner et d'empêcher cette protéine d'être toxique. Il s'avère que cela ne marche pas autant qu'on aurait espéré. Ce n'est pas complètement abandonné. Heureusement, il y a d'autres pistes thérapeutiques. Il y a une autre protéine, la protéine Tau, dont on sait qu'elle est très importante pour le fonctionnement du neurone. Dans la maladie d'Alzheimer, elle prend une forme anormale, elle s'agrège et cela entraîne la mort des neurones. Il y a toute une voie de recherche sur cette protéine. Et il y a des pistes sur tout ce qui est inflammatoire et réactions immunitaires. Ces protéines anormales sont reconnues comme des intrus. Il y a des anticorps et des réactions immunitaires qui se produisent. L'objectif est de les renforcer pour que le cerveau arrive à lutter contre la maladie.

Prévenir ou retarder la maladie, est-ce qu'on fait des progrès dans ces domaines-là ?

Retarder le début de la maladie, il y a deux choses. Il y a d'abord le fait de diagnostiquer tôt. Le patient a des premiers symptômes réels, pas un ressenti. On peut avoir des certitudes. On a des outils biologiques. On peut être sûr du diagnostic et tester des médicaments au stade tout débutant. Le patient qui a des premiers symptômes, si on arrive à stopper la maladie, ce serait gagné et la maladie ne progresserait pas. Et l'autre piste est la prévention. Ces protéines qui s'accumulent dans le cerveau s'accumulent des années avant les premiers signes cliniques. Il y a toute une réflexion pour dire : peut-être pourrait-on essayer de détecter ces populations à risque et les traiter avent que les symptômes apparaissent ?

Y a-t-il des choses à faire dans la vie de tous les jours ?

Les conseils dans la vie de tous les jours chez les adultes jeunes sont assez simples. Ce sont des messages de prévention qui marchent pour toutes les pathologies. C'est le régime dit "méditerranéen", avoir un peu d'activité physique, avoir une vie un peu sociale et aussi détecter tout ce qui est facteur de risque vasculaire.

Est-ce qu'on progresse dans la manière d'aider "les aidants", les proches des malades ?

Ce sont des maladies qui bouleversent toute l'histoire familiale. Non seulement la vie du sujet, mais il y a tout l'entourage familial. Il y a une approche absolument indispensable nécessaire d'accompagnement, d'information et de compréhension des symptômes. Et il y a tout un ensemble de réseau de prise en charge qui est bien développé maintenant, les accueils de jours, les orthophonistes, les équipes mobiles, les infirmières, qui sont une aide pour les familles. Mais cela reste une maladie très éprouvante.

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