Une pétition pour que Tampax® affiche la composition des tampons

Une étudiante française de 19 ans lance une pétition réclamant la mention des composants des tampons hygiéniques sur les emballages. Une action qui fait suite à l'histoire d’une jeune mannequin américaine amputée de la jambe à cause d'un syndrome du choc toxique dû à un tampon hygiénique.

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La pétition de Mélanie Doerflinger, soutenue par l'association 60 millions de consommateurs, a déjà récolté près de 42.000 signatures. La jeune femme y demande à Procter & Gamble, qui commercialise la marque Tampax®, de "faire apparaître la composition des tampons sur leurs emballages".

Pas de mention détaillée "faute de place"

L’étudiante française raconte avoir été "choquée" par le sort de Lauren Wasser, un mannequin américain de 27 ans qui a dû être amputée d'une jambe à cause d'un syndrome du choc toxique (STC) provoqué par un tampon. La jeune femme, retrouvée inconsciente dans sa chambre en 2012, avait survécu à cette infection potentiellement mortelle, mais avait dû subir l'amputation de sa jambe droite, au niveau du genou.

"Vu la gravité des risques sanitaires que les utilisatrices comme moi avons durant l'utilisation de ces produits, je demande à Procter & Gamble, la multinationale qui a créé la marque Tampax®, de faire apparaître la composition des tampons sur leurs emballages afin que toutes les utilisatrices, françaises et européennes, sachent ce qu’elles mettent durant leurs périodes menstruelles", écrit la jeune française en préambule de sa pétition.

Selon L'Express, la jeune étudiante française a indiqué le 25 août sur sa page Facebook avoir été contactée par les services de communication de la marque Tampax®. Ces derniers lui auraient expliqué que les informations de composition ne figuraient pas sur les packaging "faute de place".

Ne pas négliger l'hygiène des mains 

Si cette histoire tragique soulève des interrogations légitimes sur la composition des tampons, elle ne doit pas faire oublier que certaines mesures d'hygiène sont essentielles lors de la mise d'un tampon hygiénique. Interviewé en juin 2015 au sujet du syndrome du choc toxique, le Pr Didier Payen, chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, précise en effet que cette infection rarissime est causée par des souches de staphylocoques dorés très particuliers qui sont en général introduits dans la cavité vaginale parce qu’ils étaient présents sur les mains au moment de la pose d’un tampon. Celui-ci va agir comme un facilitateur, un milieu propice à la multiplication des staphylocoques. Ces derniers deviennent particulièrement menaçants lorsqu'ils peuvent proliférer et fabriquer des toxines qui vont passer dans le sang et provoquer des caillots au niveau des membres ou d’organes vitaux (cœur, poumons).

Pour éviter d'en arriver là, les utilisatrices de tampons hygiéniques doivent respecter quelques précautions : toujours se laver les mains avant de changer de tampon et ne jamais le laisser en place plus de 8 heures.