Pollution : une Parisienne porte plainte contre l'Etat

Au cours des trente années passées dans la capitale, une Parisienne a développé des problèmes de santé à répétition. Elle décide de porter plainte contre l'Etat auprès du Tribunal administratif, rapporte Franceinfo. Elle met en cause la qualité de l'air à Paris.

C'est une première en France. Une victime de la pollution de l’air va déposer plainte, mercredi 7 juin, auprès du Tribunal administratif de Paris, selon les informations de Franceinfo.

Cette ancienne danseuse professionnelle devenue professeure de Yoga n’a jamais fumé et revendique avoir toujours eu une bonne hygiène de vie.  Ses problèmes respiratoires apparaissent surtout au moment des pics de pollution, aussi surveiller la qualité de l’air est-il devenue pour elle une obsession.

"Quand il y a un épisode de pollution quand je peux je ne sors pas", nous explique-t-elle. "Je suis une personne très heureuse quand il pleut quand il y a du vent, faut pas que ça dure trop longtemps parce que ça nettoie la ville".

Un hiver particulièrement difficile

En décembre 2016, avec les trois semaines de pic de pollution, Clothilde Nonnez a eu très peur, elle a fait un épisode de péricardite aigüe. Elle a du être soignée pendant plusieurs mois à cause de cette pathologie. Sans compter le fait qu’elle subit un traitement à vie pour son asthme.

"Cet hiver a été tellement dur pour moi… j’ai quand même failli faire un arret cardiaque la complication de ma pneumonie a été grave", nous confie Clotilde Nonnez. "Je me suis dit : c’est pas possible, on ne peut pas laisser les gens mourir comme ça. Mes problèmes respiratoires me servent maintenant à mener ce combat contre la pollution, qui sur moi a un effet d’inflammation terrible qui souvent me rend très très malade. J’ai décidé de positiver ca au moins je suis pas malade pour rien."

Elle a donc décidé de déposer un recours au tribunal administratif pour “carence fautive de l’État”… Son avocat, Me François Lafforgue, spécialiste des dossiers de santé publique, demande une indemnisation de 140 000 euros du préjudice subi par sa cliente — les absences au travail de sa cliente ainsi que ses frais médicaux.

"Elle reproche aux autorités publiques de ne pas avoir appliqué la règlementation qui existe lors des pics de pollution ; c’est à dire que l'on a tardé a intervenir, que l'on a pris des mesures inadaptées, comme la circulation alternée, quelques jours seulement mais bien tardivement. Et par ailleurs il y a une responsabilité de l’État régulateur [...], c’est a dire qu’il n’a pas suffisamment légiféré, il n’a même pas appliqué la réglementation européenne… Il a d’ailleurs été épinglé pour cela par la commission européenne en 2017, encore une fois".

La première action d'une longue série ?

Cette action en justice, première en France du genre en France,  est soutenue par de nombreuses associations. "Ce qui est choquant avec la pollution de l’air aujourd’hui", nous explique Olivier Blond, président de l'association Respire, "c’est qu’on a tous les moyens pour lutter contre : que ce soit sur les transports automobiles évidemment encourager les véhicules les plus propres, le fait de diminuer l’usage des voitures, encourager les transports en commun, mais aussi [d'agir] sur les autres sources de pollution parce qu’il y a pas que la voiture le chauffage les émissions agricoles et industrielles… Et encore une fois, sur chacun de ces secteurs, [il existe de nombreuses] solutions. C’est pour cela que c’est vraiment une faute de la part du gouvernement."

Selon les associations, une trentaine de recours de ce type seraient prêts à être déposés dans les prochaines semaines à Paris, Lille, Lyon ou encore dans la vallée de l’Arve en Haute-Savoie.