Pollution de l'air : fin de l'alerte à Pékin, statu quo à Delhi

Les autorités de la capitale chinoise avaient proclamé, lundi 7 décembre, l'alerte maximale à la pollution pour trois jours, entraînant des mesures drastiques pour la population. Aujourd'hui, jeudi 10 décembre, cette alerte rouge prend fin. A New Delhi, ville la plus polluée au monde devant Pékin, aucune mesure similaire n'est jamais prise. 

Alors que la conférence sur le climat (COP21) battait son plein à Paris, la métropole chinoise a connu coup sur coup en dix jours deux épisodes d'"airpocalyspe" qui l'ont noyée dans un brouillard dense, imprégné d'une âcre odeur de charbon.

L'alerte rouge est l'avertissement le plus extrême que Pékin, ville extrêmement polluée, n'a jamais émis. Certaines écoles et entreprises ont reçu l'ordre de fermer, l'activité de la construction a été limitée et restrictions ont été imposées sur l'utilisation de la voiture parce que l'air dans la capitale chinoise était devenu trop toxique cette semaine.

Les niveaux de pollution à New Delhi sont plus élevés qu'à Pékin

A Pékin, la concentration des particules les plus dangereuses - les particules PM2,5 microscopiques qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons - était de 237 microgrammes par mètre cube. Ces micro-particules de PM2,5 sont classés dans le groupe 1 cancérigène par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). En plus d'endommager les poumons, elles sont une cause de maladie cardiaque.

Selon l'ambassade américaine à Pékin (d'après le moniteur de la pollution de l'air) le pic était de 317 lundi 7 décembre. Le même jour à Delhi, le moniteur de la qualité de l'air de l'ambassade des Etats-Unis affichait 378. "Et ce n'est même pas le plus mauvais à Delhi", déclare Justin Rowlatt dans BBC News.

Quelles sont les limites de pollution recommandées ?

La limite de sécurité officielle pour les particules de PM2,5 - fixée par l'OMS et l'Union européenne - est de 25 microgrammes par mètre cube.
Les États-Unis sont beaucoup plus strictes. La limite est de 12 microgrammes par mètre cube.

La limite de Delhi est donc équivalente à trente fois la limite États-Unis et plus de quinze fois la limite de sécurité de l'OMS.

Delhi, ville la plus polluée au monde selon l'OMS, n'a cependant pas pris des mesures similaires à Pékin. Les autorités indiennes ont annoncé quelques mesures pour lutter contre la pollution, mais la population les juge insuffisantes.

Ashwani Kumar,  président du Congrès indien, a cependant déclaré à la BBC qu'"aucune des comparaisons directes devraient être faites" entre les niveaux de pollution de Pékin et Delhi. "La pollution en Chine a un caractère différent de celui de Delhi", poursuit-il.

Des mesures d'urgence jugées satisfaisantes à Pékin

Pendant ce temps à Pékin, les mesures d'urgence adoptées "ont été efficaces pour ralentir l'accumulation du smog", a indiqué la municipalité, remerciant les habitants pour leurs "efforts".

L'auto-satisfecit des autorités et de certains médias étatiques, qui avaient félicité Pékin pour sa décision "courageuse" de déclarer l'alerte rouge, avait provoqué des réactions indignées et sarcastiques sur les réseaux sociaux.

La pollution pékinoise est exacerbée par l'utilisation accrue de charbon pour le chauffage et la production d'électricité durant l'hiver. Mais le smog dont souffre Pékin provient essentiellement des provinces alentour, où les concentrations de particules polluantes restent, aujourd'hui 10 décembre, à des niveaux très élevés.

Le mois de janvier, avec des températures généralement au plus bas et les chauffages au plus haut, n'annonce pas des jours meilleurs en matière de pollution atmosphérique dans la capitale chinoise.