Cet article date de plus de deux ans.

Plan de lutte contre l'endométriose : "Une première victoire", selon l'association Endofrance

L'endométriose touche une femme sur dix et pourtant il n'existe aucun traitement curatif. Le président Macron a annoncé mardi le lancement d'une stratégie nationale contre cette maladie.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Chaque année, en principe le dernier samedi de mars, les femmes du monde entier marchent contre l'endométriose (ici en 2014 à Paris). (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Le président Emmanuel Macron a annoncé mardi 11 janvier le lancement d'une stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, une maladie peu connue, première cause d'infertilité des femmes en France. Elle se manifeste par des règles abondantes et de violentes douleurs. "On ne peut que se réjouir de la mise en place de cette stratégie", a réagi Yasmine Candau, présidente de l’association Endofrance, mercredi 12 janvier sur franceinfo. Selon elle, le fait que le sujet soit "pris en compte" au "plus haut niveau de l'État" est "une première victoire". Yasmine Candau a appelé à "aller plus loin" sur la formation des professionnels de santé dont certains méconnaissent encore trop cette maladie dont souffre une femme sur 10 en France.

>> Endométriose : ce que l'on sait de cette maladie qui touche une femme sur dix

franceinfo : Cette annonce du président, c'est déjà une première victoire pour vous ?

Yasmine Candau : On ne peut que se réjouir de la mise en place de cette stratégie. Cela fait 20 ans que notre association œuvre pour cela et de voir qu'enfin, au plus haut niveau de l'État, le sujet est pris en compte. C'est déjà une première victoire. On attend maintenant les annonces concrètes et les plans d'action qui vont être proposés. Nous espérons que cela va arriver vite et, bien évidemment, nous serons présentes aux côtés des équipes ministérielles pour travailler sur le sujet.

L'une des annonces concrètes est la généralisation dans chaque région de centre de référence sur l'endométriose. Ça peut changer la donne ?

Oui, cela va permettre de rendre visible, de faciliter, le parcours de soin pour toutes les personnes atteintes d'endométriose. Cela va faciliter leur orientation et surtout leur assurer une prise en charge par des médecins qui connaissent la maladie et ça, c'est extrêmement important.

"Beaucoup de femmes se tournent vers nous en nous disant : 'mon médecin me dit que je suis trop jeune pour avoir de l'endométriose' ou 'j'ai déjà eu un enfant donc ce n'est pas possible que ce soit cela'. Malheureusement si."

Yasmine Candau, présidente de l’association Endofrance

à franceinfo

Il faut, selon vous, renforcer l'apprentissage des médecins à l'endométriose ?

En septembre 2020, il y a un décret qui est paru et qui intégrait l'endométriose dans les cours de médecine de second cycle, c'est une première étape. Il faut aller encore plus loin pour que tous les médecins, au sortir de leurs études, sachent reconnaître les symptômes d'une endométriose, sachent la diagnostiquer et proposer une prise en charge adaptée.

Emmanuel Macron a parlé d'un ‘réflexe endométriose’, ça veut dire qu'il est important d'expliquer ce qu'est cette maladie, ce que vivent les femmes qui en souffrent ?

L'endométriose impacte très fortement la qualité de vie des personnes qui en souffrent et c'est important de sensibiliser tous les milieux, scolaires et professionnels. Il faut s'adjoindre les compétences des médecins du travail, attirer leur attention sur le sujet, car c'est vraiment le quotidien de chaque personne atteinte qui est affecté.

Il n'existe pas de traitement aujourd'hui ?

Il n'existe aujourd'hui pas de traitement curatif définitif de l'endométriose. Les traitements visent seulement à minimiser le développement de la maladie, à soulager les symptômes dont les femmes souffrent, mais il n'y a pas de traitement définitif. La recherche est une chose importante pour essayer de comprendre cette pathologie.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.