Méningites : quels symptômes ?

La méningite est une infection des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau et la moelle. Lorsqu'elles sont d'origine bactérienne, certaines méningites peuvent être mortelles en quelques heures. Afin de permettre une prise en charge rapide, quels symptômes doivent alerter ? 

\"Le mal de ventre, un symptôme méconnu de la méningite\", entretien avec le Dr Muhamed-Kheir Taha, responsable du centre national de référence des méningocoques à l\'Institut Pasteur
"Le mal de ventre, un symptôme méconnu de la méningite", entretien avec le Dr Muhamed-Kheir Taha, responsable du centre national de référence des méningocoques à l'Institut Pasteur

La méningite est une maladie qui peut être foudroyante, et représente donc à ce titre une vraie urgence médicale.

Chez l'adulte ou l'enfant capable de s'exprimer

Associés à une forte fièvre, les symptômes suivants doivent inciter à appeler d'urgence le Samu (15) :

  • des maux de tête violents,
  • des nausées ou des vomissements
  • une raideur de la nuque
  • une hypersensibilité à la lumière (photophobie)

Selon des travaux publiés fin mars 2018, menés par des équipes de l'Institut Pasteur et de l'Hôpital Bicêtre, l'infection peut entraîner dans de rares cas (1%) des douleurs abdominales. Certaines souches de méningocoques dont la prévalence croit actuellement en Europe provoquent l'apparition de ce symptôme non-specifique dans environ un cas sur dix. "Avant d'atteindre les méninges, les méningocoques passent dans le sang, ce qui se manifeste par des symptômes très précoces. Et il peut s'agir de douleurs abdominales intenses, qui ressemblent à l'appendicite : dans notre étude, 20 % des patients concernés avaient reçu une appendicectomie", explique Muhamed-kheir TAHA, responsable du Centre national de référence des Méningocoques à l'Institut Pasteur. "D'autres symptômes peuvent être associés : de la fièvre, des douleurs aux jambes, mais surtout des extrémités froides."

Dans les formes graves, il peut y avoir des troubles de conscience, une agitation ou au contraire un coma ou une crise d'épilepsie.

Chez les nouveaux-nés et les bébés

Chez le nourrisson, les cas de méningites peuvent être difficiles à déceler, surtout avant deux ans où le méningocoque ne provoquent pas le symptôme plus connu de raideur au niveau du cou. Avant trois mois, l'alerte est maximale.

Les pédiatres des Urgences insistent pour que les parents viennent les voir, ou appellent le Samu (15) dès qu'une fièvre est vraiment inhabituelle.

Les symptômes qui doivent alerter sont :

  • une forte fièvre, une raideur au cou (surtout chez l'enfant de plus de deux ans) et parfois dans tout le corps, ou une crise d'épilepsie (ces symptômes sont les plus typiques de la méningite)
  • des pleurs sans arrêt
  • une modification du teint
  • une irritabilité ou somnolence inhabituelle
  • un manque d'appétit ou des vomissements

Il faut également rechercher, chez les enfants comme chez les adultes, des signes cutanés et en particulier une éruption cutanée de plusieurs petits boutons violacés, signe d'une méningococcémie.

Quelle prise en charge à l'hôpital ?

À l'hôpital, une ponction lombaire permet de prélever le liquide céphalo-rachidien qui entoure les méninges et la moelle épinière. La ponction lombaire est l'examen-clé pour savoir s'il y a une inflammation. Près de vingt minutes après l'examen, le diagnostic est réalisé par la cellule d'urgence du laboratoire d'analyses de l'hôpital. L'enjeu du diagnostic est de savoir s'il s'agit d'une méningite bactérienne ou virale car ni le pronostic, ni la conduite à tenir ne sont les mêmes. En outre, s'il s'agit d'une méningite bactérienne, il faut déterminer si elle est à pneumocoques ou méningocoques. Les deux familles de bactéries peuvent provoquer des méningites mortelles.

Pour les méningocoques, il faut savoir de quel type de souche il s'agit. Le plus souvent, B ou C. En cas de méningite C, on peut vacciner tout l'entourage pour éviter la contagion. Déjà recommandé pour tous les enfants à partir de un an, le vaccin reste peu utilisé comme le confirme le Dr Robert Cohen, pédiatre infectiologue : "Le principal frein à la vaccination, c'est que les médecins et le public pensent que la méningite est une maladie rare. C'est effectivement le cas (quelques centaines de cas en France par an), mais elle peut aboutir à une mortalité loin d'être négligeable. Et cela peut être prévenu par la vaccination".

Il faudrait atteindre 80 à 90% de personnes vaccinées comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas pour enrayer la progression de la méningite et mieux protéger les nourrissons.

la rédaction d'Allodocteurs.fr