Maladie de Lyme : l’Académie de médecine dénonce une campagne de désinformation

Selon l’Académie de médecine, l’inquiétude à l’égard de la maladie de Lyme est attisée par la diffusion d’assertions sans fondement scientifique.

Maladie de Lyme : l’Académie de médecine dénonce une campagne de désinformation
Maladie de Lyme : l’Académie de médecine dénonce une campagne de désinformation ( - Photo© shishiga - Fotolia.com)

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L’Académie de médecine tique. Dans un communiqué diffusé fin octobre, elle exprime son agacement face aux "rumeurs diffusées par des groupes de pression" à l’égard de la maladie de Lyme. Elle rappelle que certaines assertions largement diffusées n’ont aucune base scientifique et restent du domaine de la spéculation.

"Au mépris de toute démarche scientifique et forts de leur seule intime conviction, des médecins, « Lyme doctors » auto-proclamés, dont certains sont soumis à des liens d’intérêt, entretiennent l’inquiétude chez de nombreux malades en errance diagnostique et nourrissent leurs récriminations infondées en se faisant l’écho en Europe, notamment en France, de l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society), association non reconnue par les instances officielles outre-Atlantique." L’Académie a notamment dans son viseur la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques.

 

Parmi les "tromperies" listées par l’institution, on trouve :

  • La notion de « maladie de Lyme chronique », qui repose selon l’Académie "sur l’hypothèse non scientifiquement démontrée d’une « crypto-infection » servant à justifier le recours à des traitements antibiotiques prolongés".
     
  • L’attribution de symptômes mal définis et subjectifs (fatigue, crampes, douleurs musculaires, acouphènes, troubles du sommeil ou de l’humeur, pertes de mémoire, etc.) à cette « maladie de Lyme chronique ». Cette attribution, précise l’Académie, ne repose "sur aucun élément de preuve".
     
  • L’efficacité revendiquée de traitements antibiotiques prolongés (parfois associés à des médicaments antiparasitaires, antifongiques ou anti-inflammatoires) ne repose en outre "sur aucune donnée expérimentale probante et ne s’appuie sur aucun essai clinique randomisé contrôlé". Or, "de telles prescriptions sont dangereuses pour le malade, conséquentes pour l’écologie microbienne, risquées pour la Santé publique et dispendieuses pour l’Assurance maladie".
     

L’Académie appelle les médecins "à ne pas nourrir l’angoisse de patients désorientés en leur faisant miroiter le diagnostic de « maladie de Lyme chronique »". Face aux malades souffrant de symptômes chroniques non étiquetés et qui se sentent délaissés, les médecins ne doivent pas "céder à la facilité [de ce diagnostic] ni les soumettre à des traitements prolongés, inutiles et dangereux". Ces malades "doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge diagnostique multidisciplinaire".

Alors que le Ministère des affaires sociales et de la santé a lancé fin 2016 un Plan de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques, l’Académie met "solennellement en garde" les pouvoirs publics qui, "afin de répondre à l’inquiétude des patients trompés par des groupes de pression", cèderaient au chantage dont ils sont l’objet sans référence scientifique."

la rédaction d’Allodocteurs.fr