A Rio, des millions de moustiques pour combattre la dengue et Zika

Le programme consiste à produire à grande échelle des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia, qui réduit leur capacité à transmettre certains virus.

Le centre de recherches Fiocruz produit chaque semaine 1,6 million de moustiques qu\'elle lâche afin de réduire le risque de transmission de virus.
Le centre de recherches Fiocruz produit chaque semaine 1,6 million de moustiques qu'elle lâche afin de réduire le risque de transmission de virus. (APU GOMES / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Combattre la dengue, Zika et le chikungunya… avec des millions de moustiques ! Cela peut sembler paradoxal, mais c'est bien la technique utilisée actuellement à Rio de Janeiro (Brésil) pour limiter la propagation de ces virus.

L'institut de recherche brésilien Fiocruz participe au programme "Eliminer la dengue" piloté par l'Australie, qui consiste depuis fin 2016 à produire à grande échelle des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia, qui "réduit la capacité du moustique de transmettre" ces virus. Des légions d'insectes sont lâchés pour qu'ils se reproduisent et transmettent cette bactérie à leur descendance.

1,6 million de moustiques produits chaque semaine

Les scientifiques espèrent ainsi empêcher de nouvelles épidémies comme celles du virus Zika, qui a mis le Brésil en alerte en 2015 et entraîné la naissance de nombreux bébés microcéphales. L'alerte a été levée seulement en mai dernier.

Après des premiers résultats encourageants en 2014, l'institut a commencé à lâcher des moustiques à Niteroi, près de Rio, et ce mardi 29 août sur la Ilha do Governador, dans le nord de la ville. Il projette de faire de même dans d'autres endroits des Zone Nord et Sud de cette métropole de 6,5 millions d'habitants d'ici la fin 2018.

Fiocruz produit actuellement 1,6 million de ces moustiques chaque semaine à partir de larves importées d'Australie et espère atteindre les 3 millions hebdomadaires. Ces moustiques ne présentent pas de risque sanitaire pour la population ni l'environnement, assure l'institut.

Le même programme, piloté par l'université australienne de Monash, dans le Queensland, est également mis en œuvre à Medellín (Colombie), Pondichéry (Inde), Yogyakarta (Indonésie) et Nha Trang (Vietnam).