La Belgique interdit les voyages non essentiels : "Une décision radicale mais nécessaire", selon le bourgmestre de Bruxelles

A partir de mercredi et jusqu'au 1er mars, les autorités belges vont interdire les voyages "non essentiels" vers et hors de leur territoire. "On a constaté une certaine indiscipline sur la façon dont les gens se faisaient tester", justifie Philippe Close.

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Illustration de l'aéroport de Bruxelles Zaventem, en juin 2020. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La Belgique a décidé d'interdire à sa population les voyages non essentiels hors de ses frontières à compter de mercredi 27 janvier et jusqu'au 1er mars en raison du regain de l'épidémie de Covid-19 et des inquiétudes suscitées par le variant anglais du virus. "On a constaté une certaine indiscipline sur la façon dont les gens se faisaient tester", explique sur franceinfo, samedi 23 janvier, Philippe Close, bourgmestre de la capitale belge qui estime qu'il s'agit d'"une mesure radicale mais necessaire". Bruxelles est déjà soumise à un couvre-feu à partir de 22H, le reste du pays à partir de minuit.

franceinfo : Quelle est la situation dans votre ville ?

Philippe Close : Elle est très bizarre, comme dans beaucoup de grandes municipalités européennes. On a les commerces qui sont ouverts mais pas les restaurants ni les cafés. On a le télétravail qui est largement généralisé, l'enseignement supérieur qui fonctionne uniquement à distance et par vidéo.

"On a une ville qui vit mais qui est en semi-somnolence."

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles

à franceinfo

C'est donc très bizarre pour une ville comme Bruxelles notamment dans le quartier européen. On n'est vraiment pas dans le Bruxelles que l'on connaît d'habitude.

C'est un semi-confinement, vous avez un couvre-feu comme en France ?

Oui, on a un couvre-feu, à Bruxelles jusqu'à 22 heures et dans le reste du pays à minuit. Vous savez que dans la première vague, la Belgique n'a pas réussi à maîtriser cette première vague. On a donc pris des mesures très strictes.

"En Belgique, en décembre il y a des endroits où on a dû évacuer des patients vers l'Allemagne notamment, mais cette fois-ci c'est l'inverse, il y a des hôpitaux bruxellois qui accueillent des patients d'autres pays."

Philippe Close

à Franceinfo

On n'a pas de dépassements [concernant l'occupation des hôpitaux] mais on reste extrêmement vigilants et mobilisés dans nos hôpitaux. On met une attention particulière sur les autres maladies pour lesquelles les interventions ont dû être reportées à cause du Covid-19 et on ne veut pas que la population en subisse les conséquences.

Le variant anglais est-il présent chez vous ?

Oui, il y a des cas, il a surtout été présent dans la province d'Anvers, sans doute après un retour de vacances. Ce qui a poussé le gouvernement fédéral à prendre cette décision radicale de ne plus autoriser [à partir de mercredi les voyages non-essentiels hors des frontières] les départs jusqu'à début mars. On a constaté une certaine indiscipline sur la façon dont les gens se faisaient tester. C'est une mesure fort radicale, mais elle était nécessaire pour ne pas repartir dans une épidémie alors qu'on est en train de vacciner en masse. On espère que les plus de 65 ans seront vaccinés pour la fin mars et à ce moment-là on aura touché le gros de la population à risque. Il faut tenir jusque-là. Nous sommes tous dépendants des fournisseurs de vaccins, nos centres sont prêts. Il ne nous reste plus qu'à avoir suffisamment de doses.

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