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"J'ai mis quinze jours à m'en remettre" : en pleine épidémie de rougeole, d'anciens malades témoignent

Les autorités sanitaires s'inquiètent. Plus de 900 cas de rougeole ont été enregistrés depuis la fin de l'année dernière. Franceinfo a interrogé des personnes qui ont déjà contracté le virus.

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Une campagne de vaccination à Lyon (Rhône), le 29 avril 2013. (AUBERT / BSIP / AFP)

"Le thermomètre montait, montait. D'abord 39, puis 40, puis 41..." Six ans plus tard, Cécile n'a rien oublié de la rougeole qu'elle a contractée en 2012. Elle se souvient que "le médecin n'a pas pensé tout de suite à ça". "Lui voyait plutôt une bonne grippe", raconte à franceinfo cette étudiante en droit à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), aujourd'hui âgée de 23 ans. Des petits boutons, voire des plaques rouges, font ensuite leur apparition. Sur les bras, sur le ventre... Elle en avait "partout".

Ça me grattait énormément, c'était insupportable.

Cécile

à franceinfo

De tels symptômes inquiètent la Direction générale de la santé : 900 cas de rougeole ont déjà été observés depuis le 6 novembre 2017, date du début de l'épidémie qui a démarré en Nouvelle-Aquitaine. 

"C'est comme si j'étais aveugle"

Loreleï est tombée malade en mai dernier. "En rentrant chez moi après les cours, j'ai commencé à me sentir mal, détaille la lycéenne originaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales). J'avais chaud, puis froid, puis chaud. Le lendemain, c'était au niveau de la gorge que ça n'allait pas, elle avait enflé, comme si quelque chose bouchait." Estelle, médecin généraliste à Bordeaux (Gironde), a fini par aller aux urgences "au bout du sixième jour à 40 °C parce que je ne tenais plus." Elle se souvient de "ces boutons sur tout le corps, je m'étais même prise en photo tellement c'était fou !" 

Toutes les trois restent finalement plusieurs jours à l'hôpital. Cécile est même mise sous perfusion pendant vingt-quatre heures. Loreleï, elle, se plaint des yeux, qu'elle a de plus en plus de mal à ouvrir, "c'est comme si j'étais aveugle." 

Je vomissais tout ce que j'avalais. Il n'y avait que deux choses qui passaient : la glace et les compotes.

Loreleï

à franceinfo

"Je ne pouvais pas bouger"

Après le séjour à l'hôpital, la guérison est encore longue. De retour à la maison, Cécile ne sort pas de son lit pendant cinq jours. "Je ne pouvais rien faire, j'étais impuissante, tout le temps fatiguée, je ne pouvais pas bouger", se souvient l'étudiante. Pour Loreleï, ça a duré deux semaines. "En tout, j'ai raté les cours pendant un mois. Ce qui m'a pénalisée dans les révisions pour le bac de français qui arrivaient quelques jours plus tard. J'aurais mieux fait sans la rougeole". 

Estelle, tombée malade en 2011, a "mis quinze jours à [s]'en remettre". Et les trois mois suivants ont été "très compliqués." Elle se trouvait plus fatiguée plus que d'habitude, "l'impression d'attraper tout ce qui passait." 

A coup de paracétamol, ma température descendait péniblement à 38,5°C.

Estelle

à franceinfo

"L'importance du vaccin"

Encore aujourd'hui, Cécile ne comprend pas pourquoi elle est tombée malade. "Je l'ai contractée, pourtant j'étais vaccinée. Et mon frère qui ne l'était pas, n'a rien eu. Bizarre." Loreleï ne l'était pas. Estelle, qui est pourtant médecin, non plus : "C'est un regret." 

Dans ma vie professionnelle, le premier cas de rougeole auquel j'ai dû faire face... était le mien. Jusque-là, je n'en avais jamais vu, ni en stage ni en libéral.

Estelle

à franceinfo

Estelle a retenu la leçon. Depuis, la généraliste de 37 ans ne cesse de répéter à ses patients et à son entourage "l'importance du vaccin", notamment pour les adultes. "A l'époque, il existait tout juste, mais il n'était pas forcément recommandé, ce n'est plus le cas aujourd'hui", explique-t-elle. Avant de conclure : "On l'oublie souvent, mais l'une des complications de la rougeole, c'est la pneumonie..." C'est "la seule protection individuelle et collective", insiste la Direction générale de la santé.

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