J'ai le périnée relâché...

Il existe sûrement des questions que vous n'avez jamais osé poser, par pudeur, crainte... Notre journaliste, Mélanie Morin, a posé ces questions à votre place. Aujourd'hui, il est question du relâchement du périnée.

Quand vous tapez "Mon périnée", sur un moteur de recherche, vous tombez sur "Mon périnée et moi""Mon périnée est très faible""Me fait mal", "Me gratte", "Me démange". "Mon périnée est très faible" génère près de 188 000 résultats sur internet. C’est vrai que la plupart du temps, il s’agit de femmes qui ont déjà vécu un accouchement mais on trouve aussi des témoignages de nullipares, de femmes qui n’ont pas encore accouché, et qui se plaignent d’un périnée un peu relâché, qui manque de tonicité.

Un périnée mis à rude épreuve

Le périnée vient du latin "Perineum" et du grec "Perineos" qui signifie littéralement "autour des voies évacuatrices". Notre périnée occupe une place centrale. Il regroupe toutes les parties molles dans la partie basse du bassin. Ce sont tous les muscles de cette zone-là qu’il faut travailler pour renforcer son périnée. À l’intérieur du bassin, le périnée ressemble à une sorte de hamac qui soutient les viscères avec des muscles qui s’étendent du pubis jusqu’au coccyx, c’est aussi ce qu'on appelle le plancher pelvien. Cet ensemble de muscles et de tissus occupe une place stratégique et il n’est pas étonnant que certaines femmes évoquent des soucis de fuites urinaires vu l’imbrication du périnée et des organes de la miction qui sont à proximité.

Lien entre périnée distendu et fuites urinaires

Les spécialistes du périnée ont depuis longtemps pointé le lien entre un périnée un peu distendu et les fuites urinaires. C’est une question souvent abordée avec les sages-femmes, les kinés et bien sûr les gynécologues qui font de la rééducation périnéale. Une poussée abdominale s’exerce lorsqu’on tousse, on éternue, on rit où on porte une charge lourde car cela a un impact direct sur le plancher pelvien dans l’abdomen.

Quand le périnée est tonique, le muscle releveur de l’anus, qui intervient notamment sur les mouvements du rectum, permet de contrer ces pressions. Mais en cas de périnée distendu, c'est difficile de résister à ces pressions et des pertes d’urine peuvent survenir. Seul un examen clinique effectué par le gynécologue, le kinésithérapeute spécialisé ou la sage-femme permettra de confirmer l'aspect du périnée. Le professionnel va introduire ses doigts dans le vagin et vous demander de serrer le périnée comme si vous vouliez fermer les portes d’un ascenseur ou fermer un éventail. Cela lui permet d’évaluer la tonicité du périnée.

Un périnée plus tonique pour les nullipares ?

On a tendance à penser que les femmes n’ayant pas accouché présentent un périnée plus tonique, mais, ça ne se vérifie pas forcément, et malheureusement même les femmes qui n’ont pas eu d’enfant par voie basse, ont parfois le périnée un peu relâché. Certaines femmes sont moins bien loties que d’autres. Les gynécologues précisent qu’on peut avoir, à la base, des muscles moins toniques, des tissus dont le collagène (sorte de ciment naturel), n’est pas aussi efficace que cela, d’où cette laxité.

Les spécialistes rappellent que l’accouchement n’arrange rien vu les pressions exercées sur la zone quand la future maman pousse pour faire sortir le bébé. Avant même cela, il y a toute une imprégnation hormonale, qui peut ramollir un peu les tissus pour préparer le terrain. Il est important de prendre conscience de ce désagrément, d'être attentive à nos sensations pour agir et enrayer les problèmes avant qu'il ne soit trop tard.

Comment rééduquer son périnée ?

Pas besoin d’avoir accouché pour rééduquer son périnée. Les symptômes comme, certaines petites fuites, peuvent justifier une rééducation périnéale.
Pour cela, il est pertinent de consulter son gynécologue qui, en fonction de l’examen clinique, pourra prescrire un certain nombre de séances. Certains professionnels optent pour une méthode de rééducation manuelle. Ils placent leurs doigts de façon à sentir le périnée et demandent à la patiente de serrer, de contracter pendant un certain temps puis de relâcher.

D’autres, privilégient l’usage d’une sonde qui mesure l’effort effectué par la patiente. La patiente peut visualiser ce que ça donne sur un écran, ce qui l'aide à tenir la contraction dans la longueur et à travailler l’endurance. Sur le même principe, il existe aussi des applis et des outils permettant de tonifier le périnée toute seule à la maison. Selon les spécialistes sollicités, c’est intéressant dans un second temps, pour consolider une rééducation qu’on aura faite au préalable avec un professionnel de santé car mieux vaut être bien guidée. Il est compliqué de "sentir" son périnée, c’est un art subtil…

Et enfin, il y a des sports qu’on peut privilégier et d’autres qu’on va écarter pour préserver son périnée. Typiquement le trampoline qui implique des rebonds, des impacts, qui exercent une pression sur l’abdomen et, par extension, sur la vessie est à éviter quand on a déjà le périnée fragile. Par contre, les pilates ou une gymnastique dite hypopressive où on vous apprend à "absorber le nombril", à solliciter les abdominaux profonds grâce à un travail sur la respiration, peuvent être intéressants car des abdominaux toniques apportent un soutien indirect au périnée c’est donc bon à prendre... 
 

N'hésitez pas à envoyer vos questions gênantes par mail : melanie@allodocteurs.fr

 

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