Une nouvelle maladie génétique qui rend la grippe très dangereuse a été découverte

Grippes, gastro-entérite... Chez la grande majorité des enfants, les défenses immunitaires rendent ces maladies bénignes, mais dans de rares cas, ces virus vont entraîner une encéphalite virale sévère. 

Une infirmière examine une jeune patiente dans un hôpital de Pékin, le 11 janvier 2018. 
Une infirmière examine une jeune patiente dans un hôpital de Pékin, le 11 janvier 2018.  (ZHANG YUWEI / XINHUA / AFP)

Quand des maladies bénignes peuvent devenir mortelles. Jeudi 22 mars, des chercheurs ont annoncé avoir découvert un gène dont les mutations peuvent faire dégénérer une simple grippe en une infection potentiellement mortelle. "C'est donc une nouvelle maladie génétique de l'immunité qui a été identifiée", a expliqué dans un communiqué l'institut de recherche génétique parisien Imagine. "Celle-ci se traduit par une vulnérabilité extrême à des infections virales habituellement sans gravité, avec une atteinte précisément localisée au niveau du tronc cérébral", ont-ils ajouté.

Le gène en cause, appelé DBR1, nous rend inégaux face à des virus communs dans notre environnement : la grippe, le norovirus (à l'origine de gastro-entérites) et le HSV1 (herpès de type 1). Les chercheurs de l'Institut Imagine et du Rockefeller Institute de New York ont ainsi démontré que chez de rares enfants, une série de mutations de ce gène perturbait la défense contre ces virus. Chez eux, ces virus vont entraîner une complication très grave, une encéphalite virale sévère, infection du tronc cérébral qui est le "siège de plusieurs fonctions vitales".

La découverte va déjà trouver des applications pour la médecine. "Cette avancée permettra d'améliorer le diagnostic, le conseil génétique aux familles et la prise en charge de patients présentant des signes" d'une telle infection, a souligné l'Institut Imagine. La principale auteure de l'article qui décrit cette découverte dans la revue Cell, Shen-Ying Zhang, cherche désormais à "créer et étudier des modèles reproduisant la maladie afin de mieux la prévenir et la soigner", selon son laboratoire.