Le pic épidémique de la grippe est passé, annonce Touraine

La ministre de la Santé a précisé, lundi, que l'épidémie devrait néanmoins encore toucher 2,5 millions de personnes.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, à la sortie de l\'Elysée, le 4 février 2015.
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, à la sortie de l'Elysée, le 4 février 2015. (CITIZENSIDE / YANN BOHAC / AFP)

Le pire est passé. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé, lundi 23 février, que le pic épidémique de grippe avait été "franchi", avec 2,5 millions de personnes déjà touchées et autant d'autres malades à venir. La maladie commence à refluer dans certaines régions, notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Ile-de-France, a indiqué la ministre.

"Cela ne veut pas dire qu'elle disparaît", a prévenu la ministre, ajoutant qu'il y aurait "autant de malades que nous en avons connus jusqu'à il y a quelques jours", soit "2,5 millions". "Plus sévère que les années précédentes (...) la grippe 2015 concernera donc, à l'arrivée, entre 4,5 et 5 millions de personnes sans doute", a-t-elle déclaré.

Forte hausse du nombre d'hospitalisations 

Jeudi, le gouvernement avait déclenché le plan Orsan d'organisation de l'offre de soins en situations sanitaires exceptionnelles, en réponse au signal d'alerte lancé par les urgentistes quant aux fortes tensions rencontrées dans les hôpitaux. Ce plan doit permettre de rouvrir des lits ou de déprogrammer des opérations afin de faire face à l'afflux de patients.

"La semaine dernière a été caractérisée par une augmentation très significative à la fois du nombre de cas, mais surtout du nombre d'hospitalisations pour cas graves", qui ont augmenté de 50%, a commenté la ministre. "Le virus a muté, d'autres souches sont apparues face auxquelles le vaccin est moins efficace", a reconnu Marisol Touraine, l'estimant "néanmoins efficace par rapport à certains types de grippe".

Un manque d'anticipation ?

Une telle épidémie de grippe aurait pu être davantage anticipée, selon le nouveau réseau de surveillance de la grippe Irsan, qui se base sur des données fournies en temps réel par SOS Médecins. "Nous avons annoncé ce qui allait se passer, mais les mesures n'ont pas été prises", regrette le docteur Christophe Demoor, médecin à l'Irsan, qui cite l'instauration tardive de mesures de prévention, comme l'utilisation systématique de gel hydroalcoolique dans les collectivités recevant des personnes âgées.