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Grippe aviaire : le président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne "n'ose pas croire à un acte de malveillance, même si c'est possible"

Patrick Franken, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, était l'invité de franceinfo, vendredi, alors que la justice tente d'établir si une entreprise ayant envoyé des lots de volatiles à des éleveurs savait qu'ils pouvaient être contaminés.

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Radio France
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Un élevage de canards à Le Vignau, dans les Landes, le 4 janvier 2017. (MAXPPP)

Et si un acte malveillant était à l'origine de la propagation du virus de la grippe aviaire qui frappe les élevages de plusieurs départements du Sud-Ouest de la France ? Patrick Franken, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, invité vendredi 10 février de franceinfo, penche plutôt pour de la négligence.

La justice vient de lancer une enquête préliminaire pour tromperie aggravée. Des lots de canards auraient pu être vendus à la fin de l'année dernière à des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées en sachant pertinemment qu'ils pouvaient être contaminés par le virus de la grippe aviaire.

franceinfo : Le syndicat de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, dont vous êtes le président, a déposé plainte pour tromperie aggravées. Ce sont des accusations graves.

Patrick Franken : Tout à fait. Nous sommes, dans le Lot-et-Garonne, des victimes collatérales de négligence. C'est pour cela que nous avons porté plainte. Il n'y aurait pas eu de grippe aviaire dans notre département si nous n'avions pas acheté des animaux infectés venus du Tarn. Hélas, ces animaux partis du Tarn ont également essaimé dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et ensuite dans les Landes. C'est de là qu'est partie, à priori, la grippe aviaire.

Comment est-il possible que des volailles infectées soient vendues ?

Je dirais qu'il y a eu négligence. Je n'ose pas croire à de la malveillance, même si c'est possible, parce que les conséquences sont très graves. C'est pour cela qu'il faut qu'une enquête soit faite.

Quelles sont les conséquences financières pour les éleveurs ?

La filière est quasiment à l'arrêt. L'an dernier, l'arrêt avait été fait en douceur et de façon maîtrisée. Aujourd'hui, rien n'est maîtrisé. Il y a de l'abattage massif. C'est déplorable, autant au niveau animal qu'au niveau économique. Il ne faut plus jamais que ça se reproduise. Nous ne savons plus comment recommencer, ni dans quelles conditions. Les éleveurs sont à bout de souffle. Les règles de sécurité qu'on veut leur imposer sont encore plus drastiques. Économiquement ça n'est plus possible.

Est-ce que le virus continue de s'étendre ?

Il y a chaque jour des foyers supplémentaires. En Lot-et-Garonne, le virus est maîtrisé. Le dernier cas avéré date du 23 décembre 2016. Nous avons donc réussi à contenir le virus, mais dans les départements limitrophes, le virus continue à s'étendre.

Les animaux passent d'une exploitation hyperspécialisée à l'autre. Ne faudrait-il pas réaliser toutes les opérations au même endroit ?

Il semble évident qu'il y a trop de mouvements d'animaux, sur de trop longues distances. Évidemment, si toutes les opérations se faisaient dans un périmètre assez restreint, il y aurait beaucoup moins de risque de contamination. Il y a aussi la densité qui joue. Dans le Lot-et-Garonne, il n'y a pas trop d'élevage, ce qui n'est pas le cas dans les Landes et le Gers. En conséquence, s'il y a contamination, elle se diffuse beaucoup plus vite.

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