En première ligne face à Ebola, les soignants payent un lourd tribut

Depuis le début de l'épidémie, 233 personnels médicaux sont morts, selon les données de l'OMS, soit près de 5,8% des victimes.

Un membre de la Croix-Rouge se prépare à récupérer le corps d\'une personne morte probablement du virus Ebola, à Monrovia (Liberia), le 4 octobre 2014.
Un membre de la Croix-Rouge se prépare à récupérer le corps d'une personne morte probablement du virus Ebola, à Monrovia (Liberia), le 4 octobre 2014. (PASCAL GUYOT / AFP)

Envoyés sur le front de la lutte contre l'épidémie, les personnels de santé ne sont pas épargnés par le virus Ebola. Ils représentent près de 5,8% des morts recensés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon son dernier bilan, publié vendredi 10 octobre.

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Au total, 416 soignants ont été contaminés par Ebola et 233 en sont morts : 95 au Liberia, 95 en Sierra Leone, 38 en Guinée et 5 au Nigeria. Pour expliquer ce lourd bilan, l'OMS évoque notamment "des pénuries d'équipements de protection personnels ou leur usage impropre" et "des équipes médicales trop réduites pour faire face à une telle épidémie".

"Une simple erreur peut provoquer une contamination"

La situation est particulièrement délicate en Afrique, note le Guardian (en anglais), en raison du manque de ressources. Mais les soignants occidentaux ne sont pas épargnés par la maladie. En Espagne, une aide-soignante est toujours hospitalisée dans un état "grave" à Madrid, tandis qu'au Texas (Etats-Unis), une femme est elle aussi traitée, après avoir soigné un patient atteint du virus.

De telles contaminations montrent les limites des procédures mises en place pour enrayer les contaminations. "Soigner les patients atteints d'Ebola peut être fait en toute sécurité, mais c'est difficile, a confié le directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, dimanche, cité par le New York Times (en anglais)Une simple erreur commise par inavertance peut provoquer une contamination." Il juge que les Etats-Unis doivent "repenser" leur approche de la maladie, en mettant "les bouchées doubles en matière de formation, d'éducation et d'aide".