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Comment on tente de contenir l'épidémie d'Ebola

Francetv info revient sur les mesures mises en œuvre pour tenter d'endiguer la plus grave épidémie de fièvre hémorragique de l'histoire, qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest.

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France Télévisions
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Un membre de Médecins sans Frontières enfilant une combinaison de protection à l'hôpital de Conakry (Guinée), où sévit le virus Ebola depuis février 2014. (CELLOU BINANI / AFP)

Le virus Ebola a tué 729 personnes pour environ 1 300 cas détectés, tous en Afrique de l'Ouest, selon un nouveau bilan publié, jeudi 31 juillet, par l'Organisation mondiale de la santé. Entre les 23 et 27 juillet, soit en seulement quatre jours, "un total de 122 nouveaux cas ainsi que 57 décès ont été notifiés en Guinée, au Liberia, au Nigeria et en Sierra Leone", a précisé l'OMS.

Alors que la région fait face à l'épidémie de fièvre hémorragique la plus grave jamais connue, francetv info revient sur les mesures mises en œuvre pour tenter de la contenir.

La Sierra Leone décrète l'état d'urgence

Jeudi, le président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, a décrété l'état d'urgence dans son pays. Concrètement, il a mobilisé les forces de sécurité pour isoler les foyers d'infection du virus mortel, où les personnes seront placées en quarantaine. Il a par ailleurs annoncé l'escorte systématique des travailleurs sanitaires par les forces de sécurité ainsi que des perquisitions pour repérer les malades présumés. Enfin, il a sommé ses compatriotes de rester chez eux le lundi 4 août.

Evoquant un "défi exceptionnel" lors d'une allocution télévisée, le président sierra-léonais a expliqué que cet état d'urgence serait en vigueur sur une période de 60 à 90 jours, éventuellement reconductible. A Kenema, dans le sud-est du pays, les marchés sont vides et les bureaux fermés, jeudi, donnant l'impression d'une ville en deuil, rapporte l'AFP, alors que le chef de la lutte anti-Ebola dans le pays, Omar Khan, vient d'y être enterré. Il avait succombé au virus, mardi 29 juillet. 

Fermetures des écoles et des administrations au Liberia

Au Libera, le pays voisin, le gouvernement a décrété mercredi soir la fermeture des écoles. Dans un discours télévisé, la présidente Ellen Johnson Sirleaf a également annoncé la fermeture de "tous les marchés dans les zones frontalières" avec ses trois voisins, ainsi que des mesures de quarantaine visant certaines localités, "dont l'accès serait limité aux personnels des services de santé".

La présidente libérienne a en outre décidé le placement "en congé obligatoire de 30 jours" de "tout le personnel non essentiel" du secteur public et que vendredi serait "chômé pour permettre la désinfection des bâtiments publics". Les rassemblements publics ont par ailleurs été interdits, rapporte The Guardian (en anglais).

Des réunions de crises organisées

Ellen Johnson Sirleaf et Ernest Bai Koroma ont également renoncé à se rendre au sommet Afrique/Etats-Unis la semaine prochaine. Ils devaient en revanche se retrouver vendredi à Conakry, en Guinée, pour une réunion sur l'épidémie des présidents de l'Union du fleuve Mano (Guinée, Liberia, Sierra Leone et Côte d'Ivoire).

Le chef d'Etat sierra-léonais a par ailleurs annulé les voyages à l'étranger de ses ministres à l'exception des "engagements absolument essentiels", et toutes les réunions publiques, sauf celles consacrées à l'épidémie, et le renvoi du Parlement. Pour le médecin belge Peter Piot, co-découvreur du virus Ebola en 1976 au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), le manque de confiance des habitants dans les autorités contribuent à la propagation du virus.  Dans "ces pays [qui] sortent de décennies de guerre civile (...), il y a un manque total de confiance envers les autorités et, combiné à la pauvreté et aux services de santé médiocres, cela donne, je pense, la cause de cette grande épidémie à laquelle nous assistons", a-t-il avancé.

Le trafic aérien surveillé sur tout le continent

Au Nigeria, deux compagnies aériennes ont interrompu leurs liaisons avec le Liberia et la Sierra Leone. Selon la presse locale (en anglais), le gouvernement des Seychelles refusent d'accueillir sur ses îles l'équipe de football sierra-léonaise, attendues sur place pour un match. En Guinée, pays massivement touché par l'épidémie, les voyageurs sont particulièrement surveillés avant l'embarquement, explique The Washington Post (en anglais).

Par ailleurs, le Kenya et l'Ethiopie, qui abritent deux des plus importantes plates-formes aéroportuaires d'Afrique, ont annoncé jeudi avoir renforcé leurs mesures pour éviter l'entrée du virus Ebola sur leur territoire. L'aggravation de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest pourrait amener les transporteurs aériens à revoir leurs mesures d'inspection des passagers, a indiqué jeudi l'Organisation de l'aviation civile internationale (Oaci).

L'Oaci et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont tenu une téléconférence d'urgence mardi après la décision de la compagnie aérienne panafricaine Asky d'interrompre ses liaisons avec les capitales du Liberia et de la Sierra Leone, deux des pays touchés par l'épidémie, car l'un de ses passagers venait de succomber au virus au Nigeria. Malgré l'aggravation de l'épidémie, "aucune restriction au transport ou au commerce en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone" n'a cependant été décidée, a souligné l'Oaci.  

Les autorités nigérianes font de la pédagogie

Enfin, les autorités nigérianes ont également misé sur l'information de la population. Selon The Guardian, la police et les professionnels de santé ont commencé à imprimer des facicules d'informations, y compris dans une langage plus populaire, afin de toucher un maximum de personnes.   

"Quant bien même ces mesures visant à éduquer la population aux dangers d'Ebola sont bienvenues, il est impératif d'informer davantage", écrit dans un édito le quotidien nigérian This Day (en anglais).

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