Ebola : l'OMS à l'heure du bilan et peut être des sanctions

Alors que l'épidémie qui touche l’Afrique de l’Ouest depuis fin 2013 décline et pourrait être déclarée vaincue dans les mois à venir, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) étudie l'éventualité de sanctions à l'encontre des pays qui ne respectent pas les règles sanitaires internationales.

L'OMS a annoncé mardi 25 août 2015 la mise en place d’un comité chargé d'examiner sa réponse globale à l'épidémie d'Ebola qui a fait l'objet de vives critiques. Dans un rapport publié le 11 mai dernier, un groupe d'experts indépendants, mandaté par l'ONU, avait dénoncé le retard et les défaillances de l’organisation dans la gestion de "l'épidémie sans précédent" d'Ebola. S'adressant à ce comité lundi, la directrice générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan, a déclaré que son organisation et d'autres entités avaient été "débordées" par Ebola, et a lancé un appel à des réformes rapides.

Non respect des règles sanitaires internationales

Le comité aura notamment pour mission d’analyser les raisons pour lesquelles autant de pays ont ignoré les règles sanitaires internationales (IHR). Entré en vigueur le 15 juin 2007 et adopté par 194 pays, le Réglement sanitaire international est un instrument juridique qui fixe pour les pays membres des exigences minimales en santé publique - en matière de surveillance, de détection, de réponse aux maladies et de protection des voyageurs - afin de garantir la sécurité sanitaire mondiale.

La question de l'adoption de sanctions n'est pas tranchée

Le président de ce comité, le professeur Didier Houssin, a déclaré que le manque de rigueur concernant l'application de ces règles et le manque de capacité du système de santé, en particulier dans les pays africains à faibles revenus durement touchés par Ebola, pouvaient être en partie critiqués.

La mise en place d'un système de pénalités est évoquée par l’OMS, mais prête encore à discussion. Elle aurait pour but d’inciter les pays réfractaires à mettre davantage en œuvre les règles sanitaires internationales lorsque la prochaine épidémie éclatera. Toutefois M. Houssin a précisé ne pas être convaincu par l'efficacité d'un tel système dans le secteur de la santé, ajoutant que son comité allait étudier la question en rapport avec la réponse apportée à Ebola.

Une réaction trop tardive pointée du doigt

Au début de la crise en 2013, l’OMS s’est révélée impuissante à gérer le retard dans la mise en place de mesures efficaces en terme de surveillance, de mobilisation des populations et la distribution des soins. Ainsi le virus Ebola a circulé en Guinée pendant trois mois avant le premier cas confirmé, en décembre 2013. En Sierra Leone, un pays voisin où les autorités sanitaires étaient en état d'alerte, il a pu circuler pendant au moins un mois, lui permettant de prendre racine. Enfin certains pays n’ont imposé des restrictions de voyage qu’au moment du pic de la crise.

Le début de la fin d'Ebola

Si l’OMS dresse un premier bilan de sa gestion de crise, c’est que l'épidémie d'Ebola, qui a coûté la vie à 11.300 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, est en passe d’être éradiquée. Le 24 août 2015, les autorités de Sierra Leone annonçaient la guérison et la sortie d’hôpital du dernier malade d'Ebola connu. La Sierra Leone, qui n'a officiellement pas connu de nouvelle infection depuis plus de deux semaines, a ainsi rejoint le Liberia au sein des pays qui ne comptent plus de cas d'Ebola. Seule la Guinée continue aujourd’hui d'enregistrer de nouvelles infections.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un pays est déclaré exempt du virus 42 jours - soit deux fois la durée maximale d'incubation - après le dernier cas connu. La fin officielle de l’épidémie pourrait donc être annoncée pour la fin de l’année.