Ebola : l'enterrement d'une guérisseuse en Sierra Leone serait à l'origine de l'épidémie

Le séquençage du génome de 99 virus Ebola par des chercheurs américains a permis de donner un nouvel éclairage sur l'origine de la vague actuelle.

Une campagne de sensibilisation au virus Ebola, à Monrovia, au Liberia, le 26 août 2014.
Une campagne de sensibilisation au virus Ebola, à Monrovia, au Liberia, le 26 août 2014. (ABBAS DULLEH / AP / SIPA )

Des épidémiologistes avaient remonté la trace du "patient zéro" d'Ebola, le premier malade à avoir contracté le virus lors de cet épisode de l'épidémie : un garçon de 2 ans, mort du virus Ebola le 6 décembre 2013, à Guéckédou, en Guinée, non loin des frontières avec la Sierra Leone et le Liberia. Mais selon une étude publiée jeudi 28 août dans la revue Science (lien en anglais), l'épidémie a vraisemblablement trouvé son origine lors de l'enterrement d'une guérisseuse traditionnelle, à Sokoma, un village reculé de Sierra Leone proche de la frontière guinéenne.

Elle rapporte notamment que, parmi les premiers patients de Sierra Leone, douze avaient apparemment assisté aux obsèques de cette guérisseuse. Celle-ci prétendait soigner la fièvre hémorragique, et avait attiré des malades de la Guinée voisine, avant de mourir d'Ebola. Les participants à son enterrement se sont ensuite dispersés à travers les collines de la région frontalière, déclenchant une réaction en chaîne de décès, puis d'enterrements publics, propices à de nouvelles contaminations.

Par ailleurs, ces travaux pourraient aussi permettre de déboucher sur des traitements contre ce virus apparu en 1976. "Ils fournissent un point de départ pour comprendre comment des mutations virales spécifiques pourraient être liées à la gravité de cette dernière épidémie", écrivent les chercheurs. Cinq scientifiques, parmi la soixantaine qui ont participé à cette étude, ont été infectés et sont morts d'Ebola.