Des oeufs et des arachides dès l’âge de 4 mois pour prévenir le risque allergique ?

Une exposition précoce (entre l’âge de 4 mois et un an) à certains allergènes peut-elle diminuer le risque d'allergies plus tard dans la vie ? Selon une vaste synthèse d’études réalisée par des chercheurs britanniques, les arguments scientifiques en faveur de cette stratégie sont peu nombreux concernant le lait ou le poisson. Dans le cas des œufs et des arachides, si quelques études solides plaident pour cette hypothèse, on est encore loin d'une certitude absolue.

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Une synthèse critique de la littérature sur l'exposition précoce aux allergènes, portant plus de 200 articles scientifiques rendant compte de 146 études cliniques, a été réalisée par un groupement d’experts britanniques. Publiée dans le Journal of the American Medical Association, elle démontre que nos connaissances en la matière restent très limitées.

Selon cinq essais cliniques – méthodologiquement solides, mais de taille modeste (moins de 2.000 enfants inclus au total) – les enfants qui ont consommé des œufs entre 4 et 6 mois semblent moins susceptibles de développer une allergie à cet aliment plus tard dans l’enfance (parmi 1.000 enfants ayant bénéficié de ce régime, on s’attend statistiquement à compter de 7 à 35 cas de moins comparé à 1000 enfants d’un groupe témoin).

Pas de certitude scientifique

Le même constat est formulé pour les arachides. Seuls deux essais sérieux, intégrant 1550 nourrissons au total, indique que son introduction entre 4 et 11 mois est associé à un risque allergique ultérieur inférieur d’au moins 26%, et d’au plus 89% (de 6 à 22 cas de moins sur un groupe de 1.000 enfants).

Toutefois, au vu du faible nombre de nourrissons inclus dans ces études, les auteurs de la méta-analyse juge que "la certitude liée aux preuves [scientifiques]" n’est encore que "modeste" concernant ces deux allergènes.

Poisson, lait et gluten

Concernant les effets d’une introduction précoce d’autres types d’allergènes, les arguments scientifiques sont encore moindres. Selon les auteurs, la certitude est "faible", voire "très faible", qu’une exposition au poisson ou au lait de vache puisse diminuer les allergies ultérieures à ces aliments.

Selon eux, les données disponibles permettent en revanche d’affirmer "avec un degré de certitude élevé" que la période de la petite enfance à laquelle est introduite le gluten n’a aucune influence sur le risque ultérieur de maladie coeliaque (une pathologie différente de l'allergie au gluten).

 

Source : Timing of Allergenic Food Introduction to the Infant Diet and Risk of Allergic or Autoimmune Disease
A Systematic Review and Meta-analysis. D. Ierodiakonou et al. JAMA. 22 sept. 2016. doi:10.1001/jama.2016.12623