De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan vont entraîner des ruptures de stock

Une première vague de rappels avait eu lieu début juillet. Au total, le cumul des deux rappels touche trois-quarts de ces médicaments utilisés en cas d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent.

Le médicament antihypertenseur Nisisco et son générique, Valsartan/Hydrochlorothiazide Sandoz, dans une pharmacie le 6 décembre 2017.
Le médicament antihypertenseur Nisisco et son générique, Valsartan/Hydrochlorothiazide Sandoz, dans une pharmacie le 6 décembre 2017. (PASCAL BACHELET / BSIP / AFP)

Le retrait des médicaments à base de valsartan prend une nouvelle ampleur. Après une première vague début juillet, l'agence du médicament (ANSM) procède, jeudi 29 novembre, à des rappels supplémentaires, à cause de la présence d'une deuxième substance classée comme probablement cancérogène. Cette mesure de précaution va entraîner des ruptures de stock, prévient l'ANSM sur son site internet. En effet, le cumul des deux rappels touche les trois-quarts de ces médicaments.

Le valsartan est un antihypertenseur qui bloque l'action de l'angiotensine II. Cette substance, naturellement présente dans l'organisme, provoque une contraction des artères qui augmente la pression artérielle et fatigue le cœur. Les médicaments à base de valsartan sont donc souvent prescrits en cas d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle ou après un infarctus récent.

Une "impureté", "probablement cancérogène"

Le premier rappel, prononcé au niveau international, avait déjà été motivé par la présence d'une impureté, la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), substance classée comme probablement cancérogène chez l'homme. La société chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceuticals avait d'abord été mise en cause. Deux autres laboratoires chinois avaient ensuite été épinglés. Toutes ces sociétés fabriquent le principe actif pour le compte de laboratoires qui produisent ensuite le médicament.

Le deuxième rappel a été décidé en raison de "la présence possible d'une autre impureté, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine)", selon l'ANSM. D'une nature voisine de la première, cette impureté est, comme elle, "classée comme probablement cancérogène chez l'homme par l'Organisation mondiale de la santé", précise l'ANSM. Elle "a été mise en évidence à la suite de nombreuses investigations entreprises depuis le mois de juillet au niveau européen concernant le valsartan".

"Ne pas interrompre" son traitement brutalement

En France, entre 1,2 et 1,5 million de patients suivent un traitement avec ce type de médicaments. "Si vous êtes actuellement traité par valsartan, vous devez consulter votre médecin qui décidera de la conduite à tenir pour un changement de traitement", recommande l'ANSM.

L'agence du médicament met également en garde : "Dans l’attente de cette consultation, vous ne devez en aucun cas interrompre votre traitement par valsartan." En outre, l'ANSM a mis en place en juillet un numéro vert pour répondre aux questions des patients et de leurs proches : 0800 97 14 03.