De la peau de poisson pour soigner les brûlures

Des médecins brésiliens testent un nouveau traitement pour les brûlures du deuxième degré : la peau de Tilapia, en application directe sur les tissus lésés. L’étude, menée sur une cinquantaine de patients, semble indiquer des effets bénéfiques sur les douleurs et le temps de cicatrisation. 

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Au Brésil, le poisson sera peut-être bientôt couramment utilisé pour soigner les personnes victimes de brûlures du deuxième degré. Le Dr Edmar Maciel, spécialiste en chirurgie plastique et réparatrice à l’institut José Frota de Fortaleza, au Brésil, mène actuellement une étude clinique préliminaire sur une cinquantaine de personnes. Le but : évaluer si l’application de peau de Tilapia sous forme de patchs est efficace pour la cicatrisation des lésions de peau consécutives à une brûlure.

Bien que les résultats ne soient pas encore publiés, le médecin brésilien indique, dans une interview donnée au Dailymail, que ces peaux de poisson procurent un effet apaisant et curatif sur les lésions causées par des brûlures.

Efficace pour les brûlures du deuxième degré

"Il s’agit d’une couverture biologique transitoire, précise le Dr Eric Dantzer, chirurgien plasticien au service des grands brûlés de l’hôpital Sainte-Anne, à Toulon. Cela protège la lésion du contact de l’air et c’est par conséquent moins douloureux pour le patient. De plus, ce pansement biologique empêche la lésion de sécher, ce qui favorise la cicatrisation."

Si cette technique semble efficace pour les brûlures du deuxième degré, elle ne peut en revanche pas être utilisée pour des patients brûlés au troisième degré. Ces derniers doivent en effet avoir recours à "de la chirurgie et une autogreffe", c’est-à-dire une greffe effectuée à partir d’un prélèvement de leurs propres tissus - généralement de la peau du cuir chevelu.

Une solution économiquement intéressante pour les pays émergents

En France, les personnes victimes de brûlures du deuxième degré sont soignées grâce à des pansements biologiques en peau de porc ou provenant de membranes amniotiques humaines, qui entourent le fœtus pendant la grossesse et qui sont récupérées lors des naissances par césarienne. Cependant, ces techniques, relativement coûteuses, sont difficilement transposables dans les pays émergents. Leur déclinaison sous forme de greffes de peau de Tilapia, plus abordable, est "une solution intéressante sur le plan économique par rapport aux produits manufacturés", assure le Dr Eric Dantzer.