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Vidéo Vétusté, insalubrité... à la prison de Fresnes, comment se protéger du coronavirus ?

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 3 min.
Complément d'enquête. Insalubrité, promiscuité... à la prison de Fresnes, comment se protéger du coronavirus ?
COMPLÉMENT D’ENQUÊTE / FRANCE 2
Article rédigé par
France Télévisions

Comment se protéger du coronavirus dans la promiscuité et l'absence d'hygiène ? Depuis la prison de Fresnes, en banlieue parisienne, deux détenus ont livré au magazine "Complément d'enquête" leur journal de bord de ce mois de confinement, filmé de façon clandestine, avec un smartphone.

En temps normal, la prison de Fresnes, en banlieue parisienne, autorise trois douches par semaine. "On s'est dit qu'avec tout ça, vu qu'on nous rabâche qu'il faut se laver les mains, on allait avoir droit à une douche journalière. Mais non, même pas", confie Charles. Il purge ici une peine de trois ans, pour une affaire de stupéfiants. C'est l'un des six détenus qui ont accepté de raconter à "Complément d'enquête" leur quotidien pendant la crise sanitaire du coronavirus

Trois douches par semaine... dans des installations insalubres

Les douches, c'est la seule sortie de Charles, qui a décidé de s'autoconfiner en cellule vingt-quatre heures sur vingt-quatre. "Vous pensez qu'elles seraient désinfectées ? demande un autre détenu. Mais non. On est susceptibles d'attraper tout un tas de champignons, de maladies…." 

Dans cet établissement vétuste et insalubre, l'hygiène est absente, la promiscuité constante. Les fameux "gestes barrières" exigés par l'administration sont impossibles à mettre en place. Dans la cellule de 9 mètres carrés que Charles partage avec deux autres détenus, les toilettes n'ont pas de porte. Les trois hommes cuisinent et mangent ensemble.

Aucune distanciation dans les cours de promenade

La prison de Fresnes a été le premier établissement pénitentiaire touché par le Covid-19. C'est ici aussi que le virus a fait un premier mort en détention : un homme de 74 ans, diabétique. Depuis, plusieurs étages d'un bâtiment sont réservés à ceux qui présentent les symptômes de la maladie – ou serait-ce aux cas confirmés ? Charles sait simplement qu'ici, des cas, "il y en a". 

Pour se protéger du virus, ses codétenus et lui ont renoncé aux promenades, dans de petites cours de 60 mètres carrés. Mais la plupart des personnes incarcérées ici continuent de les fréquenter deux fois par jour. Sami, un autre détenu qui préfère lui aussi rester cloîtré dans sa cellule, les a filmées pour "Complément d'enquête". Aucune distanciation physique n'y est appliquée. 

Extrait de "Prison : la double peine", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 23 avril 2020.

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