Vidéo Santé : des épidémiologistes s’intéressent aux rongeurs pour remonter la piste de la Covid-19 et anticiper la prochaine menace

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VIDEO. Santé : des épidémiologistes s’intéressent aux rongeurs pour remonter la piste de la Covid-19 et anticiper la prochaine menace
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Les équipes de l’institut Pasteur au Cambodge traquent les rats pour dresser un inventaire des virus présents chez ces rongeurs et en découvrir peut-être d’autres qu'il faudra bien surveiller afin de protéger l’espèce humaine… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 17 avril 2022.

Et si les rongeurs n’étaient pas des ennemis mais des alliés dans la lutte contre les virus ? Et s’ils pouvaient alerter les humains de l’imminence d’une maladie ? Au nord  du Cambodge, près de la frontière laotienne, les populations ont l’expérience des maladies émergentes : en 2003, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), les grippes aviaires, les hantavirus…  Les chercheurs n’ont donc aucune gêne à demander aux commerçants s’il y a des rongeurs. L’épidémiologiste Véronique Chevalier est, comme tout le monde en ce moment, sur la piste des origines de la pandémie du coronavirus Covid-19...

Pour connaître ce qui circule autour des hommes, la scientifique du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) cherche à identifier les virus hébergés par des bêtes qui partagent souvent les repas des humains. Avec les équipes de l’Institut Pasteur du Cambodge, elle pose des pièges pour les attraper dans les boutiques et autres restaurants : "On les met le long des parois, car les rats les longent. Si on les décale un peu en les mettant en biseau, cela marche beaucoup moins bien", explique-t-elle au magazine "13h15 le dimanche" (replay).

De nombreux mystères demeurent sur l’origine de la pandémie

Les scientifiques doivent patienter jusqu’au lendemain pour savoir si les rats ont aimé les bouts de patate douce mis dans les cages. De nombreux mystères demeurent sur l’origine de la Covid-19, et il n’y aura pas de réponse tant que les chercheurs n’auront pas identifié toute la chaîne de transmission qui aurait permis au virus de passer de l’animal à l’homme : "On sait que les coronavirus sont hébergés par des petites chauves-souris avec le nez écrasé, mais on ne connaît pas l’hôte intermédiaire, c’est-à-dire l’animal sauvage qui a fait le lien entre ces chauves-souris et l’homme. On a des suspicions sur les civettes, c’était le cas du SARS-CoV-1, le pangolin…" dit Véronique Chevalier.

"On a décidé d’ajouter ici une composante rat, précise-t-elle, sachant qu’il est par exemple le réservoir des hantavirus qui provoquent des maladies graves chez l’homme." Seize rats ont été piégés ce jour-là par l’équipe d’épidémiologistes qui, s’ils cherchent les coronavirus, vont aussi dresser un inventaire des virus présents chez ces rongeurs. Des virus connus et… d’autres qui le sont moins. Ils pourraient permettre à l’avenir de mieux anticiper la prochaine menace… à condition de bien les surveiller.

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