VIDEO. Le monde face au virus : le retour à l'école en Allemagne, en Belgique, au Liban et en Italie

Chaque semaine, quatre de nos correspondants nous racontent comment la crise du coronavirus est gérée dans le pays où ils se trouvent. Direction l'Allemagne, la Belgique, le Liban et l'Italie pour aborder la question du retour à l'école.

Le gouvernement français a confirmé son plan de réouverture des écoles : les enseignants français feront bien leur retour le 11 mai, et les premiers élèves dans les jours qui suivent. 80 à 85% des écoles seront ouvertes dès la semaine prochaine, assure le ministre de l'Education nationale, et un million d'enfants environ vont retourner en classe la semaine prochaine. Mais comment cela se passe-t-il chez nos voisins Allemands, Belges, Libanais et Italiens ?

En Allemagne, d'abord : c'est déjà reparti depuis lundi 4 mai, avec l'objectif que tout le monde reprenne l'école d'ici l'été prochain. Pour l'instant, la rentrée des classes se passe bien, dans une relative sérénité. Du côté des enseignants, des élèves, des parents, il n'y a visiblement pas d'inquiétude, le masque n'est pas obligatoire, mais tout le monde doit respecter des distances de sécurité et se laver régulièrement les mains. Des consignes qui donne l'impression à certains enseignants "de faire un boulot de gardien plus que d'instituteur." D'autres groupes, d'autres classes vont rentrer dans les semaines à venir et cela va soulever une difficulté : le nombre de salles, le nombre d'enseignants disponibles et ce sont des questions qui ne sont toujours pas réglées.

Un peu moins zen : la Belgique, très touchée par le virus. La reprise est prévue seulement le lundi 18 mai et de façon dispersée. Cette date est indicative et les règles pourront être différentes selon que l'on est dans une école flamande, francophone ou germanophone, car l'éducation n'est pas une compétence fédérale. En Flandre, l'école reprend bien le lundi 18, mais il y aura par exemple une journée de test le vendredi 15 et les classes jugées prioritaires ne seront pas toujours les mêmes qu'à Bruxelles, dans les écoles francophones. Il faut ajouter à cela la spécificité des écoles internationales, très nombreuses dans la capitale, très autonomes dans leurs décisions. Les écoles européennes, par exemple, examinent en ce moment une éventuelle reprise, mais qui ne sera pas avant le 25 mai.

Au Liban, prudence maximale, les grilles des écoles sont toujours fermées et ce, au moins jusqu'au mois de juin. Le déconfinement a démarré à la fin du mois d'avril. Il se fait en cinq phases, jusqu'au 8 juin. Avant cette date, les écoles restent fermées. Deux exceptions : les crèches et les classes des élèves qui passent des examens nationaux, comme le brevet des collèges ou le baccalauréat. La reprise est prévue pour eux lors de la quatrième phase du déconfinement, le 24 mai, juste après la fin du Ramadan et l'Aïd el-Fitr. Au final, les élèves auront manqué 14 semaines de cours.

En Italie, le maître mot, c'est "prudence". Les autorités ont pris la décision de rouvrir les établissements scolaires en septembre prochain. Plus de 8 millions de jeunes Italiens sont privés d'école depuis le 5 mars dernier. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a justifié plusieurs fois cette décision, en insistant sur le potentiel de contagion qu'auraient les enfants. Conte ne veut donc pas prendre de risque : la rentrée scolaire en Italie se fera en septembre, bien après celle des enfants français.

Les enseignants français feront bien leur retour le 11 mai, mais les élèves, eux, sont attendus à partir du jeudi 14.
Les enseignants français feront bien leur retour le 11 mai, mais les élèves, eux, sont attendus à partir du jeudi 14. (INA FASSBENDER / AFP)