VIDEO. Couvre-feu à 18 heures : avancer l'heure de pointe "n'est pas la solution", selon une fédération d'usagers des transports

En ces temps de couvre-feu, rentrer chez soi pour 18 heures est difficile, notamment pour les habitants d'Ile-de-France. Franceinfo a interrogé Marc Pélissier, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports de cette région.

Le couvre-feu à 18 heures sur l'ensemble du territoire pour limiter la pandémie de Covid-19 est, parfois, difficile à tenir. C'est notamment le cas en Ile-de-France, surtout pour celles et ceux qui résident en grande couronne parisienne (Essonne, Seine-et-Marne, Val-d'Oise et Yvelines) et doivent se rendre sur le lieu de travail à Paris. Marc Pélissier, président de la Fédération des usagers des transports (Fnaut) d'Ile-de-France, constate une situation "gérable", moins d'une semaine après l'entrée en vigueur de la mesure. "Il faut que les usagers puissent étaler leur retour", note-t-il.

"La situation est variable" selon les lignes, commente-t-il auprès de franceinfo. "La fréquentation du réseau est à peu près autour de 50% de la normale, en moyenne", ajoute-t-il. Malgré l'instauration d'un couvre-feu à 18 heures, il salue la possibilité de rentrer chez soi après cette limite grâce aux attestations fournis par les employeurs, précise-t-il.

Afin d'assurer un retour au domicile à temps, Ile-de-France Mobilités a évoqué l'avancement du dispositif d'heure de pointe (un renforcement du trafic) pour 15h30. "Cette idée part d'un bon sentiment, mais peu de gens vont probablement pouvoir décaler leurs horaires de travail pour rentrer à 15h30", remarque Marc Pélissier. "En aucun cas, c'est la solution pour gérer ce couvre-feu", tranche-t-il.

"Ne pas transférer des trajets en train sur des trajets en bus"

Pendant cette période, la fédération préconise plutôt "de maintenir le service sur les métros et les trains jusqu'à la fin de service normale, un peu après minuit". Elle demande, entre autres, de ne "pas transférer des trajets en train sur des trajets en bus, même s'il y a moins de monde, parce que les temps de parcours sont beaucoup plus longs".

Sur l'allègement du trafic en soirée, la Fnaut d'Ile-de-France réclame que la baisse d'activité ne survienne pas avant 21 heures et "avec des temps d'attente maximum". "Par exemple, sur RER et Transilien, pas plus de trente minutes d'attente pour chaque branche" [c'est-à-dire en direction des différents terminus de chaque ligne], précise Marc Pélissier. Quant aux métros, la fédération souhaite "un allègement d'environ 50%, et là aussi, avec une attente maximum de 15 à 20 minutes".

Un métro parisien, le 30 décembre 2020.
Un métro parisien, le 30 décembre 2020. (HERMANN CLICK / HANS LUCAS / AFP)