Vidéo Coronavirus : "Le choc est dramatique" pour l’économie, avec une "incertitude extraordinaire", selon l'OCDE

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Avec France Inter - franceinfo
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"C'est une grande crainte pour nous que les inégalités se creusent", alerte Laurence Boone, économiste en chef à l'OCDE.

"L'incertitude à laquelle on fait face est extraordinaire", estime jeudi 11 juin sur France Inter Laurence Boone, économiste en chef à l'OCDE. L'Organisation de coopération et de développement économiques a élaboré deux scénarios possibles en fonction de l'évolution de l'épidémie de coronavirus et "dans les deux scénarios, le choc est dramatique, on n'a jamais vu une baisse de l'activité économique aussi forte que celle qu'on a vue au deuxième trimestre, le monde plongerait de 10%, ce qui est extraordinaire", explique-t-elle. "Tous les pays de l'OCDE ont une croissance négative."

"C'est angoissant, je le reconnais", admet Laurence Boone, qui rappelle que l'objectif de l'OCDE, "c'est de formuler des recommandations de politique économique pour éviter que les choses soient pires". "On essaie de se mettre dans l'environnement très incertain d'un gouvernement, pour dire quelles sont les options pour aider à avancer mieux, à remettre les gens au travail, à faire que les gens aillent mieux", précise l'économiste.

C'est une grande crainte pour nous que les inégalités se creusent, notamment pour les personnes jeunes.

Laurence Boone

à France Inter

Laurence Boone note que les secteurs les plus touchés par la crise, comme "le tourisme, l'évènementiel, les sports publics", sont ceux où "on retrouve à la fois la plus grande proportion de jeunes, de personnes moins qualifiées et de formes de contrats non-standards et plus précaires".

"Un revenu pour les plus vulnérables"

"Le filet de sécurité, ce n'est pas le moment de le laisser tomber", lance Laurence Boone. Elle salue le fait que les gouvernements aient "mis en place des formes de chômage partiel ou comme on dit maintenant 'd'activité partielle'. C'est super important parce que ça maintient un lien, un emploi pour les activités qui vont pouvoir repartir vite".

Pour faire face à la crise économique, Laurence Boone préconise de "continuer à investir" dans la santé, d'assurer "un revenu pour les plus vulnérables", et à être "beaucoup plus pragmatiques et aidants dans la recherche d'un emploi pour les personnes qui sont dans un secteur qui va rester à fonctionner à 15, 20 ou 30% de son activité", avec "un service d'accompagnement pour le retour à l'emploi plus 'à la danoise' que chez nous". Pour les entreprises qui vont "mettre la clé sous la porte" parce qu'elles n'ont "pas tenu la période du Covid, il faut qu'on puisse redémarrer demain et pas dans trois ans", insiste l'économiste.

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