Vidéo 5 questions très simples sur le variant Omicron

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D'où vient-il, quelle est la différence avec le variant Delta, qu'en sait-on aujourd'hui ? Brut a posé 5 questions très simples à la médecin Anne Sénéquier sur le variant Omicron.

D'où vient ce variant Omicron ?

Anne Sénéquier : Il a été mis en évidence le 24 novembre en Afrique du Sud. C'est là où on a vu le plus de cas émerger comme ça, en très peu de temps. C'est-à-dire qu'entre la semaine précédente et la semaine dernière, il y a eu une augmentation de 82 % dans une région autour de Pretoria, qui est la capitale de l'Afrique du Sud.

Peut-on avoir une telle contagion en Europe ?

Anne Sénéquier : Ce qui diffère par rapport à notre Europe, c'est que nous avons aujourd'hui une vague avec un variant Delta, donc un variant qui est déjà très transmissible. La dynamique d'Omicron va être différente, possiblement, en Europe, qui est aujourd'hui majoritaire à Delta et en Afrique du Sud tel que ça l'est actuellement, majoritaire avec d'autres variants.

Ce variant est-il plus résistant au vaccin ?

Anne Sénéquier : Là, pour l'instant, ce sont des choses qui nous restent à découvrir. Comme on l'a dit tout à l'heure, il a émergé mercredi dernier, donc on est à moins de 7 jours. Il y a actuellement des études in vitro, c'est-à-dire en laboratoire, pour voir justement l'association que peut avoir le vaccin que l'on a aujourd'hui, ces vaccins de première génération, avec le variant Omicron.

Comment limiter les contaminations ?

Anne Sénéquier : Ce qu'on fait en attendant, ce qu'on fait déjà, c'est-à-dire on se vaccine, on met l'accent sur nos différents axes de vaccination, on accentue la vaccination des 3es doses pour les personnes les plus vulnérables. D'autre part, il faudrait donner aussi un coup d'accélérateur sur la primo-vaccination, c'est-à-dire les gens qui ne sont pas vaccinés du tout. Et en France, ça fait quand même 5,7 millions de personnes qui ne sont pas vaccinées et, malheureusement, c'est bien au-delà des places qu'on a de disponibles en réanimation actuellement, et c'est ça qui est inquiétant.

Est-ce utile de fermer nos frontières ?

Anne Sénéquier : Début 2020, tout le monde s'est claquemuré derrière ses frontières et, finalement, ça n'a pas empêché le virus de devenir pandémique. À chaque fois, c'est le réflexe que l'on a. C'est un réflexe de peur en essayant de se protéger. En termes d'image et de relations internationales, c'est un vrai problème. L'Afrique du Sud identifie un variant, joue la transparence, en parle au niveau international pour justement pouvoir l'identifier un petit peu partout et en apprendre un peu plus sur sa transmission. Et moins de 48 heures plus tard, toutes communications aéroportuaires ont été arrêtées.

Donc le problème, c'est que ça lance un mauvais message, à l'Afrique du Sud bien sûr, mais aussi à tous les autres pays du monde, qui peuvent se dire : “Finalement si on identifie un nouveau variant chez nous, et qu'on en parle, tout le monde va nous mettre de côté." Donc, ce n'est pas bon pour ce qui se passera demain si jamais on a encore un variant à voir venir. 

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