Variant Omicron : le professeur Bruno Mégarbane souhaite le retour au travail de soignants "contaminés et asymptomatiques"

Alors qu'un conseil de défense sanitaire se tiendra lundi, le chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière, à Paris, souligne que faute de marge de marge de manœuvre, l'absence de personnels entrainera la fermeture de lits.

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Le service de soins intensifs de l'hôpital Lariboisière, à Paris, le 14 octobre 2020. (LUCAS BARIOULET / AFP)

À l'hôpital, il faudrait que "certains soignants contaminés et asymptomatiques" puisse "travailler dans des zones consacrées à la prise en charge des patients Covid", a demandé lundi 27 décembre sur franceinfo Bruno Mégarbane, le chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière, avant le conseil de défense sanitaire qui se réunit dans l'après-midi.

franceinfo : L'objectif du gouvernement, c'est d'éviter la surcharge à l'hôpital, quelle est la situation actuellement ?

Bruno Mégarbane : Nous avons trois lits fermés sur 18 en raison de personnels contaminés par Omicron. Sur les 15 lits disponibles, nous avons 10 patients ayant une forme grave du Covid dont cinq en état extrêmement grave avec une ventilation artificielle et des appareils d'oxygénation extracorporelle. La totalité des patients est contaminé par le variant Delta, nous n'avons pas de variant Omicron, mais nous redoutons particulièrement le mois de janvier. D'abord parce que la vague Delta va continuer à progresser à l'hôpital jusqu'à fin décembre. Ensuite, parce que 10 à 15% des lits sont fermés.

Par-dessus, va s'ajouter un absentéisme plus important du personnel en raison de contaminations et évidemment cette fameuse vague Omicron dont on ne connaît pas l'intensité. Aujourd'hui 65% des lits sont occupés par des patients ayant une forme grave du Covid. Les patients non-vaccinés représentent 75% des patients en réanimation. Ce sont des patients plutôt jeunes, de l'ordre de 50 ans, sans comorbidités. 25% des patients sont plus âgés, environ 10 ans de plus, qui ont été vaccinés mais qui sont immunodéprimés du fait de maladies chroniques graves.

Vous disiez craindre une désorganisation dans les prochaines semaines à cause des arrêts maladie d'une partie des soignants, est-ce que vous espérez l'allègement des périodes d'isolement ?

Tout à fait. Dans la situation actuelle, l'hôpital ne peut pas fonctionner. Il faut bien sûr revoir les situations d'isolement en cas de contact mais pour l'hôpital, il faut même revoir la possibilité pour certains soignants qui seraient contaminés par Omicron et asymptomatiques, de travailler dans des zones consacrées à la prise en charge des patients Covid. Sinon, malheureusement, nous n'avons aucune marge de manœuvre et tout absentéisme d'un personnel entraînera une fermeture de lit.

Cela ne vous parait pas paradoxal d'alléger le protocole d'isolement, au moment même où l'on fait face à une vague à la progression spectaculaire ?

Oui mais ce variant est à l'évidence moins dangereux à l'échelle individuelle, notamment lorsqu'on est vacciné et que l'on a reçu la dose de rappel : il est responsable d'un syndrome grippal, voire de très peu de symptômes, ce qui pourrait être compatible avec un exercice professionnel normal. Les personnes qui vont développer la forme pneumonique sont essentiellement les personnes non vaccinés. Mais à côté de cela, en raison du nombre massif de contaminations, il pourrait provoquer chez les personnes très âgées une aggravation d'une maladie sous-jacente et elles devraient venir dans les hôpitaux.

C'est paradoxalement un virus probablement moins virulent chez les personnes vaccinées et en bonne santé mais à haut risque chez les personnes plus âgées. Donc il faut faciliter la reprise du travail mais aussi protéger à l'extrême d'autres pans de la société comme les Ehpad et certains lieux de très forte contamination avec cette fameuse combinaison du pass vaccinal et du test sérologique négatif.

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