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Variant indien : "Prêter main-forte à l'Inde a une pertinence morale, mais aussi sanitaire", juge une spécialiste des relations internationales

Le variant indien a été "répertorié dans une vingtaine de pays à travers le monde", rappelle Anne Sénéquier. L'Union européenne a annoncé ce dimanche qu'elle allait fournir une "assistance" à l'Inde, qui manque de matériel et notamment d'oxygène.

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Radio France
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Un soignant transporte une bouteille d'oxygène à Allahabad en Inde, le 20 avril 2021. Les hôpitaux sont confrontés à une pénurie d'oxygène. (SANJAY KANOJIA / AFP)

Il est "fort probable" que le variant dit indien arrive "d'une manière ou d'une autre en France", estime Anne Sénéquier, médecin et co-directrice de l’Observatoire de la Santé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), invitée sur franceinfo ce dimanche 25 avril. "Il a déjà été répertorié dans une vingtaine de pays à travers le monde. On sait que si le flux de population au niveau international est moindre que celui avant la pandémie, où il y avait 11 millions de personnes dans les aéroports chaque jour, on est quand même encore avec un flux de population très important."

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Selon elle, le taux de contamination affolant de l'Inde, qui compte 300 000 nouveaux cas chaque jour, est fort probablement dû à "une transmissibilité plus importante" qui "génère ce genre de crise". Le fait d'aller prêter main forte à l'Inde a donc "une pertinence éthique, morale et humaine, mais aussi sanitaire, puisque si on arrive à diminuer la circulation du virus, on diminue le risque d'émergence d'un autre variant".

"Il y a un réel risque d'échappement immunitaire" du variant indien

"Tant qu'on laisse circuler le virus, le risque d'émergence d'un nouveau variant augmente toujours", prévient-elle. Or, si aujourd'hui, tous les variants "restent assez similaires dans leur présentation", "il ne faut pas oublier qu'une mutation ne nous met pas à l'abri de voir un variant qui pourrait par exemple toucher les enfants principalement." L'Union européenne a annoncé ce dimanche qu'elle allait fournir une "assistance" à l'Inde, en activant son Mécanisme européen de protection civile. Les hôpitaux sont notamment confrontés à une grave pénurie d'oxygène

Quant à la réaction de ce variant aux vaccins, "ce sont des choses que l'on n'a pas encore identifié complètement pour l'instant", affirme Anne Sénéquier. "Il y a deux mutations qui sont sur la protéine Spike, sur laquelle on va jouer en termes de vaccination, mais il y a un risque réel d'échappement immunitaire. Donc, c'est quelque chose qui est en cours d'analyse."

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