Dose de rappel pour les plus de 65 ans : le président de la Confédération des syndicats médicaux "se félicite de la fermeté" du chef de l'État

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"C'est comme ça qu'on protégera la population à risque", a estimé mercredi sur franceinfo Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français, après les annonces d'Emmanuel Macron le 9 novembre. 

"Nous, médecins, nous félicitons de cette fermeté parce qu'il faut absolument protéger la population par la vaccination", a réagi mercredi 10 novembre sur franceinfo le président de la Confédération des syndicats médicaux français, Jean-Paul Ortiz, après l'annonce par Emmanuel Macron hier soir du conditionnement du pass sanitaire, réservé pour les plus de 65 ans à ceux qui auront reçu leur dose de rappel contre le Covid-19, à partir du 15 décembre. Jean-Paul Ortiz rappelle que "l'épidémie repart", que les taux d'incidence sont en hausse et que la France a dépassé le seuil d'alerte de 50 cas pour 100 000 habitants. "C'est donc maintenant qu'il faut prendre des mesures claires, fermes", estime-t-il.

En revanche, les personnes qui souffrent de comorbidités et ne feraient par leur rappel vaccinal pourront bien continuer à utiliser le pass sanitaire, a précisé le ministre de la Santé. La campagne de rappel vaccinal ouvre également pour tous les Français âgés d'au moins 50 ans à partir du 1er décembre. Jean-Paul Ortiz salue enfin le retour du port du masque obligatoire pour les enfants dans toutes les écoles primaires en France, à partir de lundi.

franceinfo : Ce coup d'accélérateur était-il nécessaire ?

Jean-Paul Ortiz : Absolument. Malheureusement, le taux d'incidence est en train d'augmenter. On est au début d'une cinquième vague. Elle a commencé par l'Europe de l'Est, faiblement vaccinée. Elle touche fortement l'Allemagne. Et nous voyons bien en France que, semaine après semaine, nous gagnons plus de 20% d'incidence. Nous sommes en France à 75 cas pour 100 000 habitants. Seuls 19 départements sont en-dessous du seuil d'alerte de 50 cas pour 100 000 [au 9 novembre selon Santé Publique France]. On a déjà de gros départements, avec les Bouches-du-Rhône à 118, Paris à 109. Donc on voit que malheureusement, l'épidémie repart. C'est maintenant qu'il faut prendre des mesures claires, fermes. Le président de la République les a annoncé hier. Et nous, médecins, nous félicitons de cette fermeté parce qu'il faut absolument protéger la population par la vaccination et les gestes barrières.

100 000 rendez-vous ont été pris sur Doctolib pour la troisième dose dans l'heure suivant l'allocution d'Emmanuel Macron, hier soir. Ses annonces peuvent relancer la campagne de vaccination, qui s'était un peu endormie ?

Ce réveil avait même commencé un petit peu avant. Quand on a appris que le président de la République allait intervenir, on a senti que cela bougeait dans les cabinets médicaux. Des patients me posaient la question : "Docteur, est-ce que je dois faire ma troisième dose ?" Chaque fois, j'étais extrêmement ferme : "Cela fait plus de six mois que vous avez eu la deuxième dose ? Alors faites-le de suite." C'est comme ça qu'on protégera la population à risque. Je rappelle qu'aujourd'hui, nous avons un million de personnes de plus de 65 ans qui n'est toujours pas vaccinée [1 046 000 au 7 novembre, selon Santé Publique France]. On a encore un effort à faire sur ces populations à risque et au-delà, sur ceux qui sont vaccinés avec deux doses et ont plus de 65 ans. Cette dose de rappel doit restimuler leur immunité.

L'Académie de médecine dit que la désactivation du pass sanitaire pour les plus de 65 ans qui n'auront pas leur troisième dose est une mesure discriminatoire et injustifiée. Qu'en pensez-vous ?

Quand on regarde toutes les publications internationales, dans le Lancet, le New England, quand on regarde l'expérience d'Israël, on voit, au fur et à mesure des mois, que les patients qui ont plus de 65 ans sont de moins en moins protégés. Aujourd'hui, on a un peu plus de 20% des nouvelles contaminations qui touche les plus de 65 ans [22% des plus de 60 ans dans la semaine du 31 octobre au 6 novembre selon Santé Publique France]. Mais on n'a plus des trois quarts d'hospitalisés pour Covid-19 qui ont plus de 65 ans [77% ont plus de 60 ans selon Santé Publique France au 9 novembre]. Donc on voit bien qu'il faut stimuler cette immunité. Cette injection de rappel se fait pour plein de vaccins, et donc c'est tout à fait légitime de faire cette injection après 6 mois pour le Covid-19. Le président de la République a incité les 50-64 ans à faire cette troisième dose sur la base du volontariat [à partir du 1er décembre]. Mais je rappelle que dans certains pays, Islande, Israël, ils ont déjà lancé la troisième dose chez tous les adultes.

L'autre mesure sanitaire annoncée, c'est le retour du masque dans toutes les écoles en France dès lundi prochain. Est-ce de nature à freiner l'épidémie ?

Bien sûr. Malheureusement, les enfants aujourd'hui sont facilement contaminés et ont tendance à ramener le virus à la maison. On approche des fêtes de Noël. C'est maintenant qu'il faut essayer de contrôler au mieux cette épidémie. Alors, je comprends que ce sont des contraintes. J'en appelle aussi à l'ensemble ds Français, pour qu'ils continuent à faire les gestes barrière. On les oublie au restaurant, dans les lieux clos. Il faut continuer à porter le masque, à utiliser les solutions hydroalcooliques. Parce qu'il faudrait absolument que cette cinquième vague soit une vaguelette. Et cela dépend de tout le monde, de l'effort individuel de chacun.

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