Vaccination contre le Covid-19 : "Le retour des rendez-vous en flux tendu, c'est plutôt bon signe", assurent les ARS de Bretagne et Bourgogne-Franche-Comté

Depuis le 12 juillet, c'est la ruée dans les centres de vaccination et la fin des rendez-vous pris à la dernière minute. Mais cela n'inquiète pas les agences régionales de santé.

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Une opération éphémere de vaccination contre le Covid-19 à la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 14 juillet 2021.  (JEANNE MERCIER / HANS LUCAS)

La course à la vaccination s'accélère. Face à la menace grandissante d'une quatrième vague liée au variant Delta, le gouvernement multiplie les appels à la vaccination contre le Covid-19.

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Depuis la dernière allocution du chef de l'Etat, le 12 juillet, les délais pour obtenir un rendez-vous dans un centre de vaccination s'allongent, faisant craindre une pénurie de vaccins dans certaines régions. Une crainte intensifiée par l'objectif de "50 millions de primo-vaccinés fin août" fixé par le Premier ministre, le 21 juillet. 

Sur le terrain, certains se sont affolés quant à la possibilité de décrocher un rendez-vous rapidement, à l'instar du médecin Bernard Jomier, également sénateur de Paris. Sur son compte Twitter, il a publié la photo d'un courrier de l'agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, où il est fait état d'une "réduction de dotation" en vaccins Pfizer au niveau national. Son message a été relayé plus de 1 400 fois. 

Dans ce courrier, daté du 19 juillet et adressé aux centres de vaccination de la région, il est notamment demandé "de mettre fin aux 'sans rendez-vous' dès maintenant" et de "n'ouvrir aucun rendez-vous D1 [pour une première dose] sur le mois d'août". De quoi questionner la possibilité de prendre un rendez-vous en cette période estivale, et ce malgré l'extension du pass sanitaire. D'autant que sur Doctolib, qui donne un accès libre à ses statistiques, le nombre de rendez-vous de vaccination disponibles sous 14 jours n'était que de 957 pour la région Bourgogne-Franche-Comté à la date du 23 juillet.  

"Dès qu'une dose arrivera, elle sera administrée"

Pourtant, le directeur général de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté, Pierre Pribile, se dit confiant. Contacté par franceinfo, il reconnaît l'envoi de ce courrier. "Des messages comme celui-ci, nous en avons plusieurs par jour, détaille-t-il. C'était un 'message de gel' pour nous permettre d'analyser la situation et il est devenu rapidement obsolète." Car la situation n'a rien d'alarmante, selon lui. "C'est même plutôt bon signe, ce retour en flux tendu", analyse Pierre Pribile. 

"Avant ce fort rebond des rendez-vous, c'était une situation extrêmement inquiétante pour nous d'avoir autant de facilités à prendre un rendez-vous. Cela montrait que les gens ne se vaccinaient pas."

Pierre Pribile, directeur général de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté

à franceinfo

Jusqu'au 12 juillet, date à laquelle la plateforme Doctolib a enregistré plus de 925 000 rendez-vous dans la soirée, les centres de vaccination n'éclusaient pas toutes leurs dotations. Ils avaient ainsi une réserve qui leur permettait de vacciner sans rendez-vous ou dans l'heure.

"Aujourd'hui nous sommes dans un rattrapage de la stratégie vaccinale", poursuit Pierre Pribile. "Notre sur-stock actuel nous permet encore d'absorber ce fort afflux de vaccination jusqu'à fin juillet, calcule-t-il. Nous pourrons administrer 175 000 doses hebdomadaires alors que notre dotation est de 100 000 doses par semaine." Mais dès début août, la gestion reviendra "en flux tendu" avec un régime de croisière de 100 000 doses par semaine et "dès qu'une dose arrivera, elle sera administrée". 

"Il faut que les gens se réhabituent à un retour à la normale, avec une réouverture des rendez-vous au fur et à mesure comme au tout début de la campagne vaccinale."

Pierre Pribile, ARS Bourgogne-Franche-Comté

à franceinfo

L'objectif de 50 millions est "réalisable"

En Bretagne, où on ne comptait que 563 rendez-vous disponibles sous 14 jours, sur Doctolib, à la date du 23 juillet, l'ARS ne s'inquiète pas non plus. Car pour elle aussi, le délai de vaccination fluctue selon les ouvertures progressives des créneaux par les centres. "Nous avons toujours observé une forte activité de vaccination et plus de 62 % de la population a reçu au moins une dose", assure un de ses porte-parole à franceinfo. "Afin de faire face à ce nouvel afflux de demandes, 120 000 doses complémentaires ont été demandées pour les mois de juillet et août", précise-t-il.

Face à cette prise d'assaut des rendez-vous, l'ARS de Bretagne dit avoir anticipé "bien avant l'été" un plan de continuité d'activité avec les acteurs de la vaccination. Mais elle reconnaît que si la plupart des plages de travail sont couvertes, "quelques tensions ponctuelles" demeurentElle compte ainsi sur les professionnels, notamment infirmières et médecins, qui seraient "en mesure de venir prêter main-forte aux centres de vaccination", sachant qu'ils sont également habilités à vacciner dans leur cabinet. 

Quant à l'objectif, fixé par le Premier ministre, de 50 millions de primo-vaccinés d'ici fin août, il est atteignable aussi bien en Bretagne qu'en Bourgogne-Franche-Comté, selon leurs ARS respectives, chacune ayant 400 000 nouvelles primo-injections à réaliser dans le délai imparti. "Notre région représente environ 4% de la population sur le territoire, soit 2 millions de personnes, calcule le directeur de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté. Actuellement nous avons dépassé 1,6 million de primo-vaccinés. Il nous reste donc six semaines pour vacciner 400 000 autres. C’est ambitieux mais réalisable, assure-t-il, même si cela remet de la tension dans le système. Mais face à la quatrième vague, il faut que les gens se vaccinent."

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