Vingt millions de primo-vaccinés en France : "Un signe qu'on va se sortir de cette crise peut-être plus vite que prévu", estime l'infectiologue Benjamin Davido

Alors que 20 millions de personnes en France ont reçu une dose de vaccin contre le Covid-19, Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, estime que cet objectif atteint est un pas de plus vers la sortie de crise.

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Radio France
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Des personnes attendent leur tour au centre de vaccination du Stade de France, à Saint-Denis, le 6 avril 2021. (THOMAS SAMSON / POOL)

"Cet élan de la vaccination est un signe qu'on va se sortir de cette crise peut-être plus vite que prévu", a estimé samedi 15 mai sur franceinfo, Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Emmanuel Macron a annoncé sur Twitter que l'objectif de 20 millions de personnes vaccinées à la mi-mai contre le Covid-19 était atteint. "On est en phase d'arriver à un contrôle durable dans toute l'Europe [de l'épidémie], mais encore faut-il avoir vacciné la moitié de la population", a-t-il poursuivi. "On est dans une situation où, si on ne continue pas à vacciner, l'épidémie pourrait repartir", a-t-il mis en garde.

franceinfo : Atteindre ces 20 millions de primo-vaccinés, c'est une bonne nouvelle ?

Benjamin Davido : C'est un pas de plus vers la sortie de crise. On voit qu'aujourd'hui l'Angleterre, qui a vacciné plus de la moitié de sa population, n'a quasiment plus de morts. On est en phase d'arriver à un contrôle durable dans toute l'Europe [de l'épidémie], mais encore faut-il avoir vacciné la moitié de la population. Il faut garder de la prudence, parce que lors des deux derniers confinements, à la sortie on était à moins de 3 000 malades en réanimation. Aujourd'hui, on en a un peu plus de 4 000. On est dans une situation où, si on ne continue pas à vacciner, l'épidémie pourrait repartir. Je suis extrêmement confiant, je crois que les Français ont très bien compris l'enjeu et cet élan de la vaccination est un signe qu'on va se sortir de cette crise peut-être plus vite que prévu.

Quelle est la situation dans votre hôpital ?

Il y a heureusement une diminution d'environ 20%. On est aux bons chiffres, on a juste ce qu'il faut, ce qui n'est pas du luxe. Il y a moins de malades, mais la mauvaise nouvelle c'est qu'on voit des gens de plus en plus jeunes parce que ce sont ceux qui n'ont pas été prioritaires à la vaccination. Ça veut dire qu'il va falloir vacciner les plus jeunes, dont les moins de 50 ans. Il faudrait presque que ce déconfinement soit conditionné à la poursuite de cet élan de la vaccination. Le plus dur dans les semaines ce sera de suivre les Français qui vont partir en vacances pour leur proposer cette vaccination là où ils seront. Il y a un challenge à réussir plus que la symbolique de l'ouverture des musées.

La question de la deuxième dose se pose pour ceux qui veulent partir en vacances cet été. Comment ça peut s'organiser ?

C'est extrêmement compliqué, mais la bonne nouvelle c'est qu'il y a une certaine flexibilité entre les deux doses. Les Canadiens par exemple font le rappel à trois mois. Si on veut prendre l'exemple des Etats-Unis qui lèvent le masque, il faut impérativement avoir reçu les deux doses. On voit aujourd'hui encore quelques malades qui arrivent en hospitalisation et qui ont été contaminés précocement après avoir reçu la première dose. Entre les deux doses, on a au moins six semaines, on a le temps quand même d'avoir une deuxième dose de partir en vacances et de revenir pour cette deuxième dose. Il faudra s'organiser en amont.

Peut-on mélanger deux vaccins sans risques, notamment le Pfizer et l'AstraZeneca ?

Il n'y a pas de risques en termes d'inefficacité. En revanche dans les études scientifiques, ce qui sort c'est une augmentation des effets secondaires d'environ 10% parce qu'il y a une réaction de l'immunité qui se passe face à deux vaccins différents. Ce sont des effets secondaires légers. Mais il n'y aura pas de défaut d'immunité.

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