La pénurie de vaccins, les relations avec la Russie, une intervention de Joe Biden ... Voici le menu du sommet européen

Les difficultés d'approvisionnement en vaccins domineront les discussions par visioconférence, ce jeudi, des dirigeants des 27 pays de l'Union européenne, rejoints dans la soirée par le nouveau président américain.

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Charles Michel, le président du Conseil européen, à Bruxelles (Belgique), le 24 mars 2021. (STEPHANIE LECOCQ/POOL / ANADOLU AGENCY / AFP)

En pleine troisième vague de Covid-19, les 27 pays de l'Union européenne se réunissent, en visioconférence, jeudi 25 mars. Au menu des discussions : l'approvisionnement en vaccins, la répartition des doses, le pass sanitaire, une intervention de Joe Biden et un point d'information sur la Russie.

Franceinfo fait le point sur les enjeux de ce sommet. 

Les exportations des doses de vaccins

La majeure partie du sommet sera consacrée à la vaccination et au mécanisme de blocage d’exportations décidé mercredi par la Commission européenneLa démarche a suscité les critiques de Londres, premier destinataire des doses exportées par le continent, mais les deux parties ont affiché, mercredi soir, leur volonté de trouver une solution.

Le dispositif permet d'empêcher des exportations de vaccins à destination de pays eux-mêmes producteurs de vaccins, composants ou équipements, et qui ne livrent pas l'Union européenne. Les exportations pourraient aussi être bloquées vers les pays dont la population est déjà largement vaccinée ou qui bénéficient d'une meilleure situation épidémiologique. 

Deux lignes s’affrontent. D'un côté, la France et l'Italie, qui ne veulent plus être "les idiots utiles" et qui plaident pour des blocages. De l’autre, la Belgique et les Pays-Bas notamment, qui sont beaucoup plus prudents car les laboratoires sont situés sur leur territoire, et ils redoutent qu’en déclarant une guerre des vaccins, leurs usines manquent de molécules qui sont produites en dehors de l’Union européenne. La décision d'autoriser ou d'interdire l'exportation relève de l'appréciation au cas par cas de l'Etat hébergeant le site de production, mais la Commission a le dernier mot en cas de désaccord.

Sur le front du Covid-19, les 27 vont également se pencher sur la répartition des doses au sein de l'Union – six pays, dont l'Autriche, s'estiment lésés – et le certificat sanitaire proposé par la Commission pour faciliter les voyages dans l'UE et sauver la saison touristique estivale.

Joe Biden, l'invité vedette

C'est la première participation d'un président américain à un sommet européen depuis Barack Obama en 2009. Joe Biden sera en liaison avec les leaders européens à 20h45. La conversation s'annonce courte, mais elle sera l'occasion pour le président démocrate et l'UE de marquer leur volonté de revitaliser les relations après la période de la présidence de Donald Trump, durant laquelle les relations entre l'UE et les Etats-Unis étaient tendues.

Sur le front des vaccins, l'UE a entamé des discussions avec les Etats-Unis pour garantir son approvisionnement en composants et "les communications passent parfaitement", se réjouit un responsable européen. Le président français, Emmanuel Macron, a rendu hommage à l'efficacité de la stratégie vaccinale américaine, mercredi dans une interview à la télévision grecque, en reconnaissant que l'UE avait été trop lente.

Des discussions sur la Russie, mais pas sur la Turquie

Les 27 évoqueront également la situation internationale. Si, selon l'AFP, les décisions sur la Turquie, pourtant toujours à l'ordre du jour, ont été renvoyées au mois de juin, les relations avec la Russie seront brièvement abordées lors d'un "point d'information" au cours de ce sommet européen. Charles Michel, le président du Conseil européen, fera part de ses derniers contacts avec le président Vladimir Poutine, qui a dénoncé la position "conflictuelle" de l'UE à l'égard de Moscou.

La participation du président américain, Joe Biden, au sommet devrait cependant permettre de délivrer un message commun de fermeté à l'adresse du président turc. Le pays du président Recep Tayyip Erdogan devrait également être placé sous surveillance par l'Union Européenne jusqu'au mois de juin, pour marquer sa désapprobation face à la détérioration des droits et des libertés en Turquie. Le sommet, prévu sur deux jours, pourrait s'achever tôt vendredi, voire jeudi soir.

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