Vaccins contre le Covid-19 : les médecins généralistes privés de commandes pendant une semaine

"La commande de la semaine du 8 mars est exceptionnellement ouverte aux seuls pharmaciens", a fait savoir la direction générale de la santé, lundi.

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Un médecin généraliste vaccine une de ses patientes avec le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, le 4 mars 2021, à Nice (Alpes-Maritimes). (SYSPEO / SIPA)

Les généralistes vont devoir patienter. L'opération de commandes de vaccins AstraZeneca contre le Covid-19 va être, cette semaine, "exceptionnellement ouverte aux seuls pharmaciens", a annoncé, lundi 8 mars, la direction générale de la santé (DGS). Les médecins ne pourront pas demander de nouveaux flacons "en raison du faible nombre de doses livré par le laboratoire pour la semaine en question".

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Cette priorité donnée aux pharmaciens fait suite à l'annonce, jeudi, de l'ouverture de la vaccination en officine à partir de la semaine du 15 mars. "La livraison du vaccin AstraZeneca qui pourra être utilisée sur le terrain la semaine du 15 mars est faible : 280 000 doses en tout", déplore la DGS, qui précise que "les officines se situant dans les départements sous surveillance recevront 67 000 doses" supplémentaires à partir du 11 mars.

"Pour permettre à chaque pharmacie de commander un nombre minimal de doses, il est donc nécessaire de cibler les commandes de cette semaine précise sur les seules officines."

Direction générale de la santé

à franceinfo

Si les livraisons se poursuivent comme prévu, "les commandes seront à nouveau ouvertes à l’ensemble des professionnels de santé susceptibles de vacciner en ville le lundi 15 mars, pour une livraison la semaine suivante", assure la DGS.

D'ici là, l'ensemble des commandes passées par les généralistes ces dernières semaines "sera évidemment honoré", souligne la DGS, si bien qu'"aucun rendez-vous monté au titre de ces commandes n'a à être annulé". A ce jour, les médecins ont commandé 1,6 million de doses de vaccins. Sur ce total, 765 000 doses doivent être livrées "entre le 11 et le 15 mars au plus tard".

Les syndicats de médecins furieux

Cette priorité aux pharmaciens passe mal chez les médecins libéraux, qui s'apprêtaient à commander leurs doses pour une quatrième semaine consécutive. La Confédération des syndicats médicaux français, première organisation de la profession, s'insurge, elle, contre "une décision aberrante, incompréhensible" qui met les médecins "dans l'obligation d'annuler des rendez-vous déjà pris""La campagne vaccinale ne va donc pas s'accélérer comme nous le pensions" mais au contraire "stagner, voire ralentir avec [ces] annulations et reprogrammations incertaines", prédit le syndicat Jeunes Médecins.

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Le syndicat MG France accuse la DGS de "détourner les doses prévues pour les généralistes vers les pharmacies" et "demande que soit mis fin aux fonctions des responsables de cette décision invraisemblable, dont (...) Jérôme Salomon". Le Syndicat des médecins libéraux réclame, lui aussi, "la démission du directeur générale de la santé", qui a commis "la faute de trop" en cédant "au caprice des pharmaciens". Comme d'autres, l'Union française pour une médecine libre "demande instamment au ministre de la Santé de réagir et de stopper cette décision vécue comme une insulte par la profession".

Matignon a défendu la "force de frappe considérable" des pharmaciens, qui ont "une très bonne connaissance d'une campagne vaccinale, comme celle de la grippe". Quant aux médecins, "il leur faut un peu de temps pour s'organiser et appeler leurs patients", selon les services du Premier ministre. Ces derniers reconnaissent "une petite rivalité" entre pharmaciens et médecins : "Chacun pense que c'est plus logique que ce soit lui qui vaccine en premier."

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