Vaccination des soignants : "On est loin de la couverture vaccinale", déplore Florence Braud, de la Fédération des associations d'aides-soignants

Aide-soignante en Ehpad en Bretagne, Florence Braud confirme sur franceinfo une "réticence" de la part des soignants à se faire vacciner qui est "due aussi à une mauvaise communication sur les vaccins."

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Une infirmière prépare une seringue contenant une dose du vaccin Pfizer-BioNtech dans un centre de vaccination à Quimper (Finistère), le 16 février 2021. (FRED TANNEAU / AFP)

"On est loin de la couverture vaccinale", a déploré lundi 3 mai sur franceinfo Florence Braud, aide-soignante en Ehpad en Bretagne, et membre de la Fédération des associations d'aides-soignants. Elle souligne la "réticence" chez les soignants à se faire vacciner contre le Covid-19. Une réticence "qui est due aussi à une mauvaise communication sur les vaccins", comme dans toute la population générale. Pour Florence Braud, convaincre les soignants, et notamment les aides-soignants, "ça passe aussi par l'explication par l'accès aux données" et "par la discussion".

>> Covid-19 : suivez les dernières informations dans notre direct

franceinfo : Un peu plus de 60% des soignants des hôpitaux parisiens sont vaccinés. Est-ce que, comme Martin Hirsch, vous estimez que ce n'est pas assez ?

Florence Braud : Oui, je suis d'accord avec Martin Hirsch, ce n'est pas assez. On est loin, loin, loin de la couverture vaccinale. Par contre, quand on dit que tous les soignants ont été prioritaires pour la vaccination, je me permets juste de nuancer : les soignants d'un certain âge ont été prioritaires. Et après, il y a eu ceux qui avaient des comorbidités. Les soignants âgés de 44 ans comme moi, qui ont déjà eu le Covid, étaient loin derrière. Et il y a aussi le problème de l'accès aux vaccins. En fait, on annonce que les soignants sont prioritaires donc forcément on se rue sur les vaccins, mais il y a quand même un problème d'approvisionnement. C'est encore difficile en fait de trouver une place, de trouver une dose, de trouver un créneau. Ce n'est pas encore partout très fluide. Mais le problème d'approvisionnement, là c'est en train de bien se lisser. Maintenant c'est beaucoup plus facile de prendre rendez-vous.

N'y a t-il pas également des réticences qui perdurent vis-à-vis des vaccins ?

Il y a aussi en effet la réticence qui est due aussi à une mauvaise communication sur les vaccins, parce qu'il y a eu Pfizer, AstraZeneca, ce qu'on nous a annoncé sur les effets secondaires. Forcément, il y a de la réticence. Mais comme il peut y avoir de la réticence sur certains autres vaccins, et ce n'est pas qu'un problème de soignants, c'est un problème aussi de population générale. Ensuite, il y a plus de personnes vaccinées chez les médecins que chez les aides-soignants. Et là, il y a aussi un problème d'accès aux données de santé. Un médecin peut accéder plus facilement aux données de santé qu'un aide-soignant qui y a tout simplement moins d'accès, il y a moins de revues médicales accessibles pour les aides-soignants. On se renseigne moins facilement peut être aussi quand on est aide-soignant.

Y a-t-il eu une pression de certaines hiérarchies pour se faire vacciner ou pas du tout ?

Sincèrement, pas chez nous, on a une forte incitation. Nous, dans notre Ehpad on a eu un cluster, on a été vraiment bien touché, les résidents comme les soignants. On a vu ce que ça donnait, donc on a envie de se vacciner. Après, il y a l'incitation de la hiérarchie. C'est plus facile de convaincre quelqu'un en allant lui parler plutôt qu'en envoyant un mail ou une note de service, convaincre quelqu'un ça passe aussi par l'explication par l'accès aux données, c'est dans la discussion que ça se fait, pas dans l'incitation et la menace, ça ne marche pas. La vaccination nous a donné un bol d'air, on se sent protégé, on se sent beaucoup moins en danger. Par contre, on sait très bien que la vaccination n'empêche pas le retour du Covid. C'est d'ailleurs le cas dans pas mal d'Ehpad. Maintenant, on a moins peur et de façon personnelle, j'ai moins peur de contaminer mes proches.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.