Vaccination des réfugiés et demandeurs d'asile : "Une décision de bon sens" notamment pour "lutter contre la désinformation", selon France Fraternité

L'exécutif souhaite vacciner tous les réfugiés et demandeurs d'asile d'ici la fin du mois d'août.

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Radio France
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Une dose de vaccin anti-Covid Moderna est utilisée à Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines), le 23 mars 2021. (ALAIN JOCARD / AFP)

Alors que plus de 50% de la population de plus de 12 ans dispose à ce jour d'un schéma vaccinal complet, le gouvernement souhaite accélérer la vaccination en la proposant également aux réfugiés et demandeurs d'asile. L'objectif est toujours le même celui affiché il y a un mois : vacciner tous les réfugiés d'ici à la fin du mois, tous ceux qui vivent dans des foyers. Pour Pierre Henry, président de France Fraternité et ancien directeur général de France Terre d’Asile, c'est "une décision de bon sens". Invité de franceinfo mardi 3 août, il estime que cette campagne de vaccination permettra notamment "de lutter contre la désinformation". Il assure par ailleurs qu'il n'est pas "question de faire une liaison entre le contrôle migratoire et la vaccination".

franceinfo : Avec ce rappel du gouvernement, est-ce que cela veut dire que l'objectif de vaccination initiale n'est pour l'instant pas tenu ?

Pierre Henry : Non, il n'est pas tenu. Mais depuis un mois, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures. L'ensemble des centres d'accueil pour demandeurs d'asile, les structures d'urgence, ont désigné des personnels référents. Aujourd'hui, les doses sont accessibles à tout le monde. Et pour les personnes non affiliées à la Sécurité sociale, elles se voient désormais attribuer un code lors de leur vaccination. Donc, il est normal que ce rappel intervienne. Et il faut rappeler que le vaccin protège, qu'il empêche la progression du virus et la saturation des urgences. C'est donc une obligation que de mettre en place des dispositifs qui vont vers les plus précaires et pas seulement les demandeurs d'asile et les réfugiés. La cible, c'est quoi ? Ce sont les personnes qui vivent dans les 140 000 places d'hébergement d'urgence, les 100 000 places pour demandeurs d'asile, les 10 000 places pour réfugiés. Et ces personnes, elles vivent au milieu de nous, elles font leurs courses, elles ont des activités collectives. Il faut donc les protéger. Et la mise en place de campagnes de sensibilisation et de vaccination est une très bonne chose pour lutter notamment contre la désinformation.

"Garantir aux groupes marginalisés, indépendamment de leur statut juridique, un accès équitable à la vaccination sans discrimination, est un impératif."

Pierre Henry

à franceinfo

Est-ce que les demandeurs d'asile ont l'assurance que tout cela va pouvoir s'organiser sans qu'il y ait de lien entre la vaccination et leur statut juridique, sans que les données récoltées à l'occasion de cette vaccination ne servent pas ensuite à des fins de contrôle migratoire ?

Cela ça paraît évident. De toute manière, il n'y a pas de liaison à faire entre le contrôle migratoire et la vaccination. C'est véritablement deux choses différentes. Les personnes en question, pour la plupart, sont aujourd'hui hébergées dans des structures d'hébergement. Et donc, c'est un impératif. A aucun moment, il n'a été question de faire une liaison entre le contrôle migratoire et la vaccination. L'intérêt, c'est évidemment l'immunité collective. Ne mélangeons surtout pas les deux sujets, contrôles migratoires et vaccination-immunité collective. Il y a un impératif à vacciner. C'est très bien que le gouvernement rappelle cet objectif. Nous n'avons que trop tardé.

L'annonce du gouvernement est donc une décision de bon sens ?

C'est une décision de bon sens. J'étais étonnée que le personnel des établissements médico-sociaux que sont les centres pour demandeurs d'asile et les réfugiés soient passés au travers l'obligation vaccinale lors de la dernière loi sur la gestion de l'urgence sanitaire. Ces personnels sont extrêmement exposés avec des populations qui, parfois, ont vécu longtemps dans la rue dans des situations d'extrême précarité. Et j'avoue mon appréhension devant le fait que ces personnels étaient soustraits de l'obligation vaccinale. Mais je pense que tout le monde doit être rassuré aujourd'hui. L'impératif pour tous ceux qui travaillent dans le secteur médico-social, au contact des personnes en situation de migration, sont majoritairement favorables à la vaccination et c'est une très bonne chose.

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