Vaccination des adolescents contre le Covid-19 : quelles sont les recommandations de la Haute Autorité de la santé ?

L'instance préconise une ouverture par étapes de la vaccination des 12-17 ans en utilisant le vaccin de Pfizer-BioNTech.

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France Télévisions
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Un adolescent s'aprrête à être vacciné contre le Covid-19 à Munich, en Allemagne, le 27 mai 2021. (FRANK HOERMANN / SVEN SIMON / AFP)

Un peu pour eux, beaucoup pour les autres. La vaccination des ados de 12 à 17 ans contre le Covid-19, possible à partir du 15 juin, présente l'avantage collectif de limiter au maximum la circulation du virus, ont expliqué les spécialistes de la Haute Autorité de santé (HAS), jeudi 3 juin, au lendemain de l'annonce de cette mesure par Emmanuel Macron. Voici leurs recommandations sur cette question.

Un intérêt "collectif" et "individuel"

"Le rôle des ados dans la transmission du virus existe. Il est plus faible que celui des adultes mais il n'est pas nul", a expliqué la présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS, Elisabeth Bouvet, lors d'une vidéo-conférence. "Quand on augmentera la couverture vaccinale des adultes, la transmission aura tendance à se passer plus dans les groupes non vaccinés, a-t-elle poursuivi. Et en cas de circulation de variants plus transmissibles, si on veut éviter un rebond de l'épidémie à l'automne, il faut qu'il y ait une certaine proportion des ados qui soit vaccinée." 

Même si la vaccination des ados a avant tout un avantage collectif, "nous considérons qu'il y a également un bénéfice individuel", selon la présidente de la Haute Autorité de santé, Dominique Le Guludec. Certes, "les adolescents développent peu de formes graves" de la maladie et sont même "rarement symptomatiques", mais 4 000 d'entre eux ont toutefois dû être hospitalisés depuis le début de la pandémie en France, dont 700 en soins intensifs.

Le bénéfice individuel existe particulièrement pour les ados ayant des "comorbidités" , mais aussi pour ceux dont les proches sont "immunodéprimés ou vulnérables". Enfin, la vaccination présente un avantage individuel "sur le plan psychologique et social", insiste la HAS, tant "la rupture des interactions sociales directes et de la scolarité en présentiel a eu des effets délétères".

Une vaccination avec le Pfizer-BioNTech

Le vaccin Comirnaty développé par Pfizer-BioNTech est le premier à avoir obtenu, vendredi dernier, le feu vert pour être utilisé dans l'Union européenne chez les 12-15 ans. En prenant en compte les données sur l'efficacité, la tolérance et les effets secondaires du vaccin chez les adolescents, la HAS conclut à "une efficacité vaccinale du vaccin Comirnaty dans la population des adolescents âgés de 12 à 15 ans contre les formes symptomatiques de Covid-19".

En revanche, "l'efficacité reste à confirmer contre les formes sévères, en particulier les formes avec hospitalisation et décès, qui étaient absentes des essais, du fait de leur rareté". Enfin, "l'efficacité sur la transmission virale n’a pas été évaluée dans les essais", souligne la HAS, qui recommande la mise en place de nouvelles études.

Un calendrier par étapes

L'instance préconise une ouverture par étapes de la vaccination des ados. Celle-ci doit d'abord se concentrer "sur les adolescents souffrant de comorbidités (...) ainsi que sur les adolescents vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou de personnes vulnérables".

Pour ceux qui n'ont pas de fragilité particulière ou de personnes vulnérables dans l'entourage, la HAS recommande d'attendre que la vaccination des adultes soit "suffisamment avancée". Il n'y a "pas de chiffre magique" pour décider quel moment est le bon, a nuancé Dominique Le Guludec, selon laquelle le calendrier, qui est de la responsabilité du gouvernement, dépend aussi d'"aspects opérationnels" comme la disponibilité des doses de vaccin.

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