Vaccination contre le Covid-19 : les sportifs professionnels en sports collectifs doivent-ils être prioritaires ?

Plusieurs joueurs du club de Rugby de l'Aviron bayonnais ont été déclarés positifs au Covid-19. Ils ont été touchés par la souche britannique du virus. Les professionnels de sports collectifs doivent-ils être vaccinés en priorité ?

Article rédigé par
Fanny Lechevestrier - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Match Bayonne-Clermont au stade Jean Dauger à Bayonne le 12 septembre 2020 (GAIZKA IROZ / AFP)

Samedi 2 janvier France Bleu Pays Basque révélait que plusieurs joueurs de l'Aviron bayonnais ainsi qu'un membre du staff du club de rugby étaient touchés par la variante britannique du virus. Le club va rester fermé jusqu'au 7 janvier et il aura trois matchs de Top 14 à rattraper. Les Basques ont été contaminés lors de leur rencontre de Challenge européen face aux Anglais de Leicester le 19 décembre dernier. Les entraînements sont également arrêtés à Pau après des cas de Covid-19 au sein des joueurs. Cette situation repose avec acuité la question de l’accès au vaccin pour les sportifs professionnels, notamment dans les sports collectifs.

En novembre dernier, des épidémiologistes, dont Arnaud Fontanet, également membre du Conseil scientifique, s’étaient prononcés pour une vaccination prioritaire des sportifs, au nom de leur santé, arguant aussi qu'ils pourraient servir d’exemples pour inciter les Français à les imiter. Mais à l'heure où le vaccin tarde à arriver en masse, il n'est pas facile pour les joueurs de prendre position publiquement sur un tel sujet, à l’image du pilier du Racing 92 Hassane Kolingar : "Je ne maîtrise pas ce genre de choses, je laisse le club en décider, je préfère jouer au rugby", déclare-t-il. Dans un tel contexte, les joueurs n'ont pas envie d'être vus comme au-dessus des autres.

"Il y a des gens qui sont prioritaires avant nous"

Cependant, "si ça peut nous aider à avancer dans cette crise sanitaire pour qu'elle puisse évoluer positivement, pourquoi pas", reconnaît l'arrière du club de Castres Julien Dumora. Franck Azéma, manager du club de Clermont-Ferrand a un avis plus tranché sur la question, car c'est une question d'éthique. Pour lui, "il y a des gens qui sont prioritaires avant nous", même si une vaccination au plus vite pourrait permettre d'assurer la continuité des compétitions.

"Aujourd'hui, on voit que les clubs ont été impactés et ça a des répercussions sur le Top 14, évidemment, c'est inquiétant", poursuit-il. En attendant un vaccin disponible pour tous, le combat des clubs français aujourd'hui est surtout d'obtenir des mesures anti-Covid plus strictes lors des compétitions européennes.

Le club de l'Aviron bayonnais, après les contaminations au sein de son effectif lors du match contre Leicester, a indiqué qu'elle ne disputerait pas les deux dernières journées du Challenge européen prévues les 15 et 12 janvier. Quant au Top 14, le club basque ne devrait reprendre la compétition que lors de la réception d'Agen le week-end du 30 janvier prochain, soit après une interruption de près d'un mois et demi. C'est une situation inédite depuis le début de l'épidémie.

Sports collectifs et vaccination : reportage de Fanny Lechevestrier
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