"Si le vaccin contre le Covid-19 était dangereux, on le saurait" : à Marseille, une association fait de la pédagogie auprès des habitants d'une cité

Le gouvernement mise désormais sur le seuil de 50 millions de primo-vaccinés d'ici la fin août et entend convaincre les personnes les plus éloignées du parcours vaccinal. Pour cela, une association marseillaise se déplace jusqu'au domicile des habitants.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - édité par Clémentine Vergnaud - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 Slim Hadiji, médecin référent, et Djamila, médiatrice. (MATHILDE VINCENEUX / RADIO FRANCE)

Le gouvernement entend accélérer encore la campagne de vaccination contre le Covid-19, afin de freiner le plus possible la quatrième vague déclenchée cet été par le variant Delta. Ainsi, l'exécutif vise désormais les 50 millions de primo-vaccinés d'ici fin août. Pour toucher les personnes les plus éloignées du parcours vaccinal, l'association marseillaise Santé et environnement pour tous (Sept) se déplace jusque chez les habitants des cités pour faire de la prévention, dépister et vacciner à domicile. 

Répondre aux interrogations

Dans la cité Air-Bel, ils fonctionnent toujours en duo : Slim Hadiji, médecin référent, et Djamila, médiatrice. Tous deux sont mandatés par l'agence régionale de santé. Djamila connaît tout le monde ici : c'est d'ailleurs elle qui a organisé le rendez-vous du jour. Ils sonnent au quatrième étage. 

Dans le salon, le Dr Hadiji répond à une jeune maman. "Pourquoi y a-t-il des rumeurs selon lesquelles il faut faire attention aux vaccins ?", l'interroge cette femme. "On ne prend pas l'information sur les réseaux sociaux. On la prend des scientifiques de renommée", explique avec patience le médecin, très pédagogue. "Si le vacin était dangereux, on le saurait et on ne le ferait pas aux trois milliards de personnes déjà vaccinées dans le monde."

La clé : prendre le temps

La sonnette retentit et entre une voisine, qui s'invite dans la conversation. "Qu'est-ce qui vous fait peur dans le vaccin ?", lui demande le médecin. "Je ne sais pas", répond-elle. Il la relance : "C'est tout ce qu'on entend à côté ?" C'est effectivement l'une des raisons pour laquelle cette femme a des doutes. "Quand tu entend des infirmières qui disent qu'elles ne veulent pas se faire vacciner...", explique-t-elle. "Vous faites confiance à votre médecin", lui rétorque de Dr Hadiji.

Pendant ce temps, le téléphone de Djamila n'arrête pas de sonner. "Des personnes nous attendent", glisse-t-elle au docteur. "Elles savent que le docteur est là et elles attendent pour des vaccins. Elles sont devant le local", ajoute-t-elle. Le médecin accélère les choses et, au bout de 45 minutes, les deux patientes acceptent de se faire vacciner.

"Si vous allez au vélodrome, il n'y a pas toutes ces explications : vous avez rendez-vous, on vous vaccine, on prend votre carte vitale, on vous enregistre et c'est fini."

Djamila

à franceinfo

"Il faut rassurer la personne !", conclut Djamila, affirmant que la clé est de prendre le temps.

En deux jours, 45 personnes vaccinées à domicile

Le médecin et la médiatrice se dirigent maintenant au pied d'une tour où trois personnes attendent. Parmi eux, un homme qui n'a pas de numéro de sécurité sociale et une femme inquiète. "Je suis soulagée", se réjouit après son injection cette femme de ménage qui travaille dans un centre commercial et n'a trouvé aucun créneau avant septembre. Le médecin continue sa pédagogie. "Il faut savoir ce qu'on vous injecte, ce qu'est le vaccin et pourquoi on le fait."

En deux jours, 45 personnes ont été vaccinées à domicile dans la cité Air-Bel.

Vaccination à domicile à Marseille : reportage de Mathilde Vinceneux
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