Retard de Pfizer dans la livraison des vaccins : "ces retards sont inacceptables, il est impensable de ralentir le calendrier", estime le professeur Djilali Annane

Le laboratoire américain Pfizer a annoncé qu'il y aurait des retards dans la livraison des vaccins.

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Radio France
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Un membre du personnel hospitalier de Mont-de-Marsan dans les Landes se fait vacciner contre le Covid-19. (RENAUD BIONDI-MAUGEY / RADIOFRANCE)

"Ces retards sont inacceptables, il est impensable de devoir ralentir à nouveau le calendrier", a déclaré ce samedi sur franceinfo, le professeur Djilali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond Poincaré à Garches, après l'annonce vendredi par le laboratoire américain Pfizer qu'il y aurait des retards dans la livraison des vaccins.

"Les laboratoires ont une obligation de résultat et de respecter, et de sécuriser leurs engagements en termes de livraisons", a-t-il estimé, ajoutant qu'on était "dans une course contre la montre vis-à-vis du virus, et de l'apparition, de l'installation du variant britannique". Selon lui, ce retard de livraison des vaccins n'est pas "une fatalité", mais il faut réfléchir à faire autrement, comme "faire ce que fait l'Allemagne, négocier en dehors des négociation européennes, des doses supplémentaires auprès de Moderna". Autre piste qu'il faut envisager dit-il, accélerer "l'autorisation de mise sur le marché en Europe du vaccin AstraZeneca".

Le couvre-feu permet de ralentir, mais "pas de contrôler"

Interrogé sur les propos dans Le Parisien-Aujourd'hui en France du "Monsieur Vaccin du gouvernement", Alain Fischer, qui estime qu'il faudrait peut-être vacciner les enfants, Djilali Annane se dit favorable à cette proposition. "Il faudrait vacciner les enfants, et les 3 millions d'étudiants pour leur permettre de retourner à l'université, sans risquer de favoriser l'accélération de l'épidémie", a t-il plaidé, ajoutant qu'il "y a une nécessité de changer de stratégie vaccinale et inclure de nouveaux publics prioritaires".

Le professeur Annane estime que le couvre-feu, qui entre en vigueur ce samedi soir dès 18h partout en France, "a un effet, ça permet de ralentir, mais ça ne permet pas de contrôler, ça va s'avérer insuffisant pour empêcher l'emballement de l'épidémie". Le chef du service des maladies infectieuses se dit plutôt en faveur d'un confinement : "soit on le subit, soit on l'organise. Si on organise un confinement strict, qu'on le maîtrise, je crois qu'on pourra avoir un confinement efficace pour qu'il soit le mieux toléré". Selon Dijali Annane, "sinon on se retrouvera dans une situation tout à fait similaire à celle du Royaume-Uni".

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