Obligation vaccinale : "Au-dessus de 90 %" des personnels hospitaliers sont vaccinés, selon le professeur François-René Pruvot

L'"hôpital va tenir le coup", rassure le président de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement de centres hospitaliers universitaires.

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Radio France
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Le professeur François-René Pruvot, président de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement de centres hospitaliers universitaires (CHU), le 30 mars 2021. (CÉCILE BIDAULT / FRANCE-BLEU NORD)

Dans les hôpitaux français, "le niveau de vaccination est très élevé, au-dessus de 90 %", a assuré mercredi 15 septembre sur franceinfo le professeur François-René Pruvot, président de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement de centres hospitaliers universitaires (CHU). L'"hôpital va tenir le coup", a-t-il déclaré alors qu'entre en vigueur ce 15 septembre l'obligation vaccinale pour plusieurs professions, dont les soignants. Ceux qui ne peuvent justifier d'une première injection, d'une contre-indication vaccinale ou d'une contamination récente ne peuvent plus exercer leur activité.

>> Obligation vaccinale : que risquent les professionnels réfractaires ?

franceinfo : Quelle est la proportion de vaccinés, sur l'ensemble des personnels des hôpitaux français ?

Pr François-René Pruvot : Le niveau de vaccination est très élevé, au-dessus de 90 %. J'ai interrogé les 30 centres hospitaliers français hier. À Marseille, Limoges, Saint-Étienne, on est aux alentours de 91-92 %, 95 % à Nantes. Dans la partie nord du pays, comme à Rouen, à Lille, à Amiens ou à Rennes, on est largement au-dessus de 98 % de vaccinés.

Faut-il en déduire qu'environ 10 % des personnels des hôpitaux français ne sont pas vaccinés ?

Il y a une différence entre le nombre de vaccinés et ceux qui n'ont pas encore dit qu'ils étaient en règle, avec un pass sanitaire. Il y a encore quelques soignants négligents, qui n'ont pas eu le temps de le faire. Il y a aussi des difficultés de transmission [des données]. Les services administratifs et la médecine du travail sont en train de recenser ceux qui, bien que vaccinés, n'ont pas signifié correctement que leur pass est en règle.

Sans les non-vaccinés, l'hôpital peut-il tenir ?

Oui, l'hôpital va tenir le coup. Ça nous donne toutefois un travail dont on se serait bien passé. Il faut réorganiser les plannings. Nos cadres et les coordinations générales de soin font des entretiens avec le personnel pour essayer de persuader [les rétifs à la vaccination], de leur expliquer la démarche et, bien sûr, pour les mettre en congés ou, en tout cas, hors de l'activité hospitalière jusqu'à la date du 16 octobre [au lendemain de la date limite pour avoir reçu une deuxième injection]. À ce moment-là, la fermeté sera de mise, il y aura effectivement des suspensions. Par ailleurs, il y a quelques endroits où, [avec l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale], il y aura des déprogrammations d'opération, mais ils sont assez minoritaires. Cette semaine, je pense que ça va aller, j'ai un petit peu plus d'interrogations s'agissant de la semaine prochaine.

Le groupement des hôpitaux des Alpes-de-Haute-Provence signale une augmentation des arrêts de travail, "notamment de toute une partie des personnes qui ne souhaitent pas se faire vacciner". Redoutez-vous une multiplication des arrêts de travail de complaisance ?

Oui, je redoute des procédures d'échappement. Certains calculent l'arrêt de travail, en anticipant, par exemple, que le gouvernement finira par supprimer l'obligation vaccinale. Je pense, bien évidemment, que c'est une erreur.

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