Obligation vaccinale : 5 à 8 %" des personnels d'établissements et des services à domicile "refusent" de se faire vacciner, selon l'AD-PA

Selon le président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées, mettre "la pression" sur les gens n'est pas la meilleure solution pour convaincre. Il estime qu'à cause de l'État, "on met en danger la vie de certains résidents" en aggravant la pénurie de personnels compétents.

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Radio France
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Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées, le 4 octobre 2019. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

Alors que le sursis accordés aux personnels non vaccinés a touché à sa fin mercredi 15 septembre, "5 à 8%" des personnels d'établissements et des services à domicile "refusent" de se faire vacciner, a estimé Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) sur franceinfo. "On nous demande de les suspendre", a-t-il poursuivi, alors que le secteur est "dans un sous-effectif chronique dont le responsable est l'État". Désormais, les professionnels qui exercent dans les maisons de retraite et les aides à domicile qui ne peuvent justifier d'une première injection, d'une contre-indication vaccinale ou d'une contamination récente ne peuvent plus exercer leur activité.

>> Obligation vaccinale : six questions sur la suspension du contrat de travail.

franceinfo : L'obligation vaccinale pour les personnels des maisons de retraite a-t-elle des conséquences dans votre secteur d'activité ?

Pascal Champvert : Bien sûr, il va y avoir des problèmes dans un certain nombre d'établissements pour personnes âgées, mais aussi de services à domicile. Si nous nous félicitons que l'immense majorité des professionnels [de ces secteurs] se soient fait vacciner, il y en a 5 à 8 % qui refusent de le faire.

Que va-t-il arriver à ces personnels qui ne veulent pas recevoir le vaccin contre le Covid-19 ?

On nous demande de les suspendre, mais dans un certain nombre d'établissements et de service à domicile, ce ne sera pas possible.

"Nous sommes en effet dans un sous-effectif chronique dont le responsable est l'État." 

Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA)

à franceinfo

Dans certains établissements ou services à domicile, si une infirmière doit être suspendue, il n'y aura pas de distribution de médicament, de piqûre ou de pansement. On met en danger la vie de certains résidents. Si l'État nous dit qu'il veut maintenir cette position extrêmement ferme, alors qu'il nous dise aussi comment faire pour assurer le fonctionnement des établissements pour personnes âgées et des services à domicile. Il y a des agences régionales de santé qui nous disent : "Évacuez les résidents vers d'autres établissements". Je pense que les résidents et leurs familles n'apprécieront pas ce genre de chose.

Le nombre de personnels des maisons de retraite vaccinés aurait-il été aussi important, sans l'obligation vaccinale ?

Difficile de le savoir. En tout cas, à l'AD-PA, nous avons dit dès le début que nous étions plus pour la conviction que pour l'obligation. Nous sommes favorables au vaccin. S'il fallait un élément pour s'en convaincre, il suffit de voir la situation dans les établissements pour les personnes âgées, où 95 % des résidents sont vaccinés et où, pendant l'été, il n'y a eu qu'1 % d'établissements dans lequel il y a eu des cas. Ça prouve son efficacité.

"Les professionnels de santé, applaudis au début de la crise et loués par les pouvoirs publics comme par les Français, ne peuvent pas du jour au lendemain être soupçonnés d'être de parfaits salauds qui n'ont rien à faire de la santé des personnes âgées ou des malades qu'ils accompagnent."

Pascal Champvert

à franceinfo

Essayons de convaincre ! Mais on n'a jamais vu en France 100 % de Français d'accord sur un même sujet. Sortons d'une espèce de situation de pression maximale qui ne fait que renforcer la réaction de ceux qui ne partagent pas cette opinion majoritaire.

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