Cours à distance pour les non-vaccinés en cas de contamination dans une classe : une mesure "déconnectée de la réalité", estime le SNES-FSU

La secrétaire générale adjointe du syndicat d’enseignants SNES-FSU réagit mercredi aux annonces du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

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Jean-Michel Blanquer, sur franceinfo, mercredi 28 juillet. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Imposer les cours à distance aux collégiens et lycéens non vaccinés, lorsqu’un cas de Covid-19 est détecté dans une classe à partir de la rentrée, est une mesure "déconnectée de la réalité", a estimé mercredi 28 juillet sur franceinfo la secrétaire générale adjointe du syndicat d’enseignants SNES-FSU, Sophie Vénétitay, après les annonces du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

franceinfo : Que pensez-vous des annonces du ministre ?

Sophie Vénétitay : On sait que la vaccination est un moyen incontournable pour sortir de l'épidémie. Mais là, on voit qu'il y a encore des trous dans la raquette et que c’est une solution qui semble assez déconnectée de la réalité. Par exemple, on sait qu'en 6e, un certain nombre d'élèves ont moins de 12 ans. Or, ils ne sont pas éligibles à la vaccination. Qu'est-ce qu'on va faire pour le niveau 6e ? On sait aussi que les 12-16 ans sont la tranche d'âge qui a commencé la vaccination le plus tard. Le ministère nous disait la semaine dernière que 20% des 12-16 ans avaient commencé leur vaccination, et on ne sait pas où on en sera au mois de septembre. Il y en aura encore beaucoup qui, même s’ils souhaitent être vaccinés, ne l’auront pas été. Donc on voit bien qu'il y a des problèmes opérationnels qui se posent très concrètement. On se demande aussi qui va contrôler, dans un collège ou un lycée, les élèves vaccinés et non-vaccinés.

Vous vous attendez à devoir prendre part à la campagne de vaccination des élèves, en tant qu'enseignante ?

On sait que si jamais c'est à nous d'emmener les élèves sur un créneau de vaccination, ça bouleverse aussi l'organisation des cours. On souhaite pouvoir en discuter. On entend ce matin le ministre dire qu'il y aura 6 000 à 7 000 centres de vaccination à proximité des établissements scolaires, or on sait qu’il y a un peu plus de 11 000 collèges et lycées en France. Donc, est-ce qu'il ne faut pas aller plus loin dans la couverture des collèges et des lycées en termes de vaccination ? Cela fait partie des questions qui n'ont pas de réponse ce matin.

Le protocole annoncé par Jean-Michel Blanquer ce mercredi vous semble-t-il applicable à la rentrée ?

Il est extrêmement tardif. Il arrive le 28 juillet, c'est-à-dire en plein pendant l'été, alors qu'on est tous éloignés de nos établissements scolaires. On n'a pas pu en discuter en équipe. Encore une fois, les choses arrivent au dernier moment. Et puis surtout, il y a un gros manque dans ce qui a été annoncé ce matin : rien n'est dit sur les tests dans le second degré. Le ministre a évoqué les tests dans le premier degré, mais rien pour le second degré. Or, on sait que c'est quand même un moyen incontournable de casser les contaminations.

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