Le vaccin de Sanofi "pourrait être un atout pour arriver à un niveau de vaccination plus élevé", estime une économiste de la santé

Aujourd'hui, seule 20% de la population mondiale est vaccinée, majoritairement dans les pays occidentaux.

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Un centre de vaccination à Saint-Gervais (Haute-Savoie) le 3 juin 2021. (GODONG / ROBERT HARDING RF)

"Cela pourrait être un atout pour arriver à un niveau de vaccination plus élevé et avoir ce que les scientifiques appellent l'immunité collective", déclare Nathalie Coutinet, économiste de la santé, lundi sur franceinfo, tandis que le laboratoire français Sanofi a annoncé que son vaccin contre le Covid-19 serait disponible d’ici décembre. "L’intérêt pour Sanofi est qu’il y aura certainement une troisième dose [de vaccination], en tout cas pour une partie de la population", précise-t-elle. "Rappelons quand même que 80 % de la population mondiale n’est pas vaccinée et que les vaccins à ARN messager sont mal adaptés aux pays du Sud. On peut avoir une possibilité de vacciner beaucoup plus largement, dans des pays où conserver des vaccins à - 50°, - 80°C est compliqué", ajoute Nathalie Coutinet. Elle rappelle ainsi que le vaccin Sanofi est "plus traditionnel" que ses prédécesseurs, autement dit "à protéines recombinantes".

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franceinfo : Le vaccin Sanofi n’arrive-t-il pas trop tard ?

Nathalie Coutinet : Il arrive tard, mais l’intérêt pour Sanofi est qu’il y aura certainement une troisième dose, en tout cas pour une partie de la population. En France, on a encore des taux de vaccination relativement faibles ou moyens. On peut imaginer qu’un vaccin plus traditionnel fasse moins peur qu’un vaccin ARN messager, et que des personnes qui ne veulent pas se vacciner avec l’ARN messager, pourraient accepter d’être vaccinées avec ce vaccin. Et puis, il y aussi tous les pays du Sud. Aujourd’hui, seule 20% de la population mondiale est vaccinée, donc il y a effectivement une place pour ce vaccin. Pour les pays du Sud, il présente d’autres avantages en termes de conservation et de prix. C’est sûr qu’en arrivant un an après les autres, une partie du marché a échappé à Sanofi. Mais, cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de possibilités de vacciner. On ne connaît pas bien les évolutions de ce virus. On peut aussi imaginer que tous les ans, un peu comme la grippe, il faudra revacciner la population en tenant compte des évolutions du virus. On peut donc imaginer que ces recherches trouveront un marché.

Le Sanofi ne sera pas un vaccin ARN messager, on peut supposer que ça va rassurer une partie de la population…

On peut imaginer que la petite partie de la population qui est très hostile à l’ARN messager pourrait être plus rassurée par un vaccin à protéines recombinantes, c’est-à-dire quelque chose de plus classique, et de plus rassurant. Finalement, cela pourrait être un atout pour arriver à un niveau de vaccination plus élevé et avoir ce que les scientifiques appellent l'immunité collective.

L’idée, pour Sanofi, c’est aussi d’avoir un nouveau vaccin qui soit adapté aux nouveaux variants ?

Pfizer et Moderna travaillent toujours à adapter leur vaccin aux évolutions du virus. Nous n'avons pas les résultats de ces travaux. On ne peut pas dire aujourd’hui lequel de ces vaccins sera le plus efficace dans six mois. Mais en tout cas, il est sûr que ce type de vaccin à protéines recombinantes est sans doute plus facile à adapter aux évolutions du virus. On rappelle que ces recherches ont été largement financées par le ministère de la Santé américain, qu’il pousse sans doute à ce que ce vaccin continue. On peut imaginer qu’il y a un intérêt, à la fois économique et politique, à continuer les recherches. Rappelons quand même que 80 % de la population mondiale n’est pas vaccinée et que les vaccins ARN messager sont mal adaptés aux pays du Sud. On peut avoir une possibilité de vacciner beaucoup plus largement, dans des pays où conserver des vaccins à - 50°, - 80°C est compliqué.

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