Critiques sur la campagne de vaccination contre le Covid-19 : Martine Aubry est "agressive" et "irresponsable", juge Agnès Pannier-Runacher

Le gouvernement apprécie peu les critiques qui fusent majoritairement de l'opposition sur sa gestion de la crise du Covid et la campagne de vaccination. Il dénonce "des arguments populistes" et des élus qui se comportent comme des "pirates". 

Agnès Pannier-Runacher, la \"madame vaccin\" du gouvernement, lors d\'une séance de questions au gouvernement, en novembre 2020.
Agnès Pannier-Runacher, la "madame vaccin" du gouvernement, lors d'une séance de questions au gouvernement, en novembre 2020. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Au sein du gouvernement, on est "atterré" par la polémique sur la campagne de vaccination déclenchée par certains élus "souvent dans l’opposition", observe un ministre contacté par franceinfo. Polémique, par exemple, à Saint-Mandé (Val-de-Marne) où lundi un enregistrement vocal, consulté par franceinfo, accueillait les habitants téléphonant pour se faire vacciner contre le Covid-19, expliquant qu’il n’était plus possible de prendre de nouveaux rendez-vous en raison de "l’impréparation gouvernementale" ayant conduit la municipalité "dans l’impasse". En conclusion les habitants qui appelaient étaient priés "de suivre les annonces gouvernementales avant de rappeler".

Face à la protestation de certains élus locaux, comme le député de la République en Marche, Guillaume Gouffier-Cha, Julien Weil, le maire LR de la commune, a préféré supprimer le message dans la soirée de lundi. Il n’empêche. Au sein du gouvernement, on dénonce "des arguments populistes", ces élus qui se comportent comme des "pirates". "On avait prévu 600 centres. Il y en 834. Ce sont les élus qui ont voulu plus de centres. Et maintenant certains organisent plus de rendez-vous qu’ils n’ont de doses ! En toute connaissance de cause".

Les propos de Martine Aubry sont "inélégants"

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, a été particulièrement choquée par les déclarations de Martine Aubry, qui lundi visitait un centre de vaccination. "Que le gouvernement dise la vérité ! Qu’on ne recommence pas la même histoire qu’avec les masques ou les tests", a exhorté la maire de Lille, alertant sur une "pénurie de vaccins". "Nous pourrions vacciner 1 000 ou 2 000 personnes par jour, mais cela nous a été refusé alors que Lyon et Cannes le font", a-t-elle déclaré. 

"Elle est agressive et irresponsable", rétorque Agnès Pannier-Runacher sur franceinfo. "C’est inélégant. Elle veut faire 2 000 vaccinations par jour, mais au détriment de qui ? Sur le dos de qui ? Les vaccins sont équitablement répartis entre les régions et les métropoles. Être dans l’opposition n’exonère pas d’être responsable !", martèle la ministre, qui a du mal à masquer sa colère. Elle rappelle que 2,6 millions de doses seront livrées d’ici la fin du mois.

À Matignon aussi on se cabre face à l’avalanche de critiques. "2,6 millions de français ont été testés juste avant Noël. Comment peut dire que la politique de test est un échec ? Même madame Merkel nous a demandé comment nous avions fait", observe un proche du Premier ministre, Jean Castex, joint par franceinfo.