Covid-19 : trois questions sur le nouveau vaccin franco-autrichien de Valneva, en cours d'autorisation au Royaume-Uni

Le laboratoire espère pouvoir commercialiser avant la fin de l'année son vaccin à virus inactivé. Il pourrait devenir le premier du genre utilisé contre le virus du Covid-19 en Europe.

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Le candidat-vaccin VLA2001 de Valneva repose sur la technologie du vaccin à virus inactivé. (ARTUR WIDAK / NURPHOTO)

Sprint final pour Valneva outre-Manche. Le laboratoire franco-autrichien, basé à Nantes, a annoncé avoir soumis une demande d'autorisation au Royaume-Uni pour son candidat-vaccin contre le Covid-19. Même s'il est encore en phase de test, ce vaccin, baptisé VLA2001, intéresse fortement le gouvernement britannique, qui a déjà placé une option sur cent millions de doses. Technologie, efficacité, mise sur le marché... Franceinfo vous explique tout ce qu'il faut savoir sur cette possible nouvelle arme contre le coronavirus.

1Comment fonctionne ce vaccin ?

Le laboratoire Valneva a choisi de développer un vaccin à virus inactivé. Depuis Louis Pasteur, c'est la méthode historique de conception d'un vaccin, comme nous l'expliquons dans cet article. Elle est donc bien plus ancienne que celle de l'ARN messager par exemple, utilisée dans les vaccins de Moderna ou de Pfizer-BioNTech. Cette technique du virus inactivé est la même que celle utilisée pour les vaccins chinois Sinovac et Sinopharm, qui ne sont pour l'instant autorisés que par un nombre limité de pays, en Asie et en Amérique latine notamment. 

Les vaccins à virus inactivé contiennent "le virus ou la bactérie porteur de la maladie, ou un très semblable à celui-ci", détaille l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des éléments dangereux qui sont heureusement inactivés ou tués "à l'aide de produits chimiques, de chaleur ou de rayonnements". Ce virus fantôme devient ainsi incapable d’infecter les cellules, et donc de provoquer la maladie. Il permet en revanche au système immunitaire de développer une réponse appropriée, et protège donc en cas d'infection par le "vrai" virus. C'est cette technique classique qui est utilisée pour produire des vaccins contre la grippe saisonnière, l'hépatite A ou la polio, par exemple. Comme le précise le site suisse Infovac, les vaccins à virus inactivé nécessitent souvent plusieurs doses ou des rappels, mais provoquent très peu d'effets secondaires et peuvent même être administrés aux personnes dont le système immunitaire est affaibli.

2Quelle est son efficacité face au Sars-CoV-2 ?

Il est encore trop tôt pour connaître le taux d'efficacité du vaccin VLA2001 face au virus, et on ignore également à quel point il peut protéger des formes graves du Covid-19. Lancé en septembre 2020, le candidat-vaccin est en effet toujours en phase de test. La première partie des essais de phase 3, qui doit prouver ou non l'efficacité réelle du traitement avant une éventuelle mise sur le marché, se déroule actuellement au Royaume-Uni, auprès de patients majeurs de tous âges. Le laboratoire Valneva a lancé, début août, un essai complémentaire en Nouvelle-Zélande, auprès de personnes de plus de 56 ans, soit la tranche d'âge la plus à risque face au Covid-19. 

Dans un communiqué publié début avril, Valneva se félicitait de résultats convaincants (lien en anglais) au terme des essais de phase 2, avec une production significative d'anticorps chez plus de 90% des participants après deux doses reçues. Le tout "sans poser de problème de sécurité"a souligné le quotidien britannique The Guardian (article en anglais). Environ 4 000 personnes participent en ce moment aux essais de phase 3, dont les résultats devraient être connus "au début du quatrième trimestre 2021", assure l'entreprise.

3Quels sont les pays intéressés par ce vaccin ?

Le laboratoire Valneva se concentre pour l'instant sur le marché européen, où il peine tout de même à convaincre. L'Union européenne est beaucoup moins emballée que le Royaume-Uni, qui a déjà commandé 100 millions de doses livrables entre 2021 et 2022 – et qui dispose d'une option sur 90 millions de doses supplémentaires entre 2023 et 2025. Les échanges entre Valneva et les Européens n'ont pas dépassé le stade des discussions préliminaires, qui ont pris fin mi-janvier, avait déclaré à l'époque la Commission européenne dans un communiqué

Miser sur Valneva est aussi un moyen de diversifier les sources d'approvisionnement en vaccins et ne pas dépendre d'un seul fabricant. "En cas de problème, il vous faut des outils différents dans votre boîte à outils, a fait valoir dans le Guardian (article en anglais) le professeur Adam Finn, pédiatre à l'université de Bristol et examinateur en chef de l'essai Valneva. Il ne faut pas seulement avoir plusieurs vaccins, mais surtout des vaccins qui emploient des approches différentes." S'il venait à être validé par les autorités sanitaires britanniques, le vaccin de Valneva serait le premier vaccin anti-Covid à virus inactivé commercialisé dans un pays d'Europe.

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