Covid-19 : pourquoi le gouvernement renforce les restrictions sanitaires dans les Outre-mer ?

Le contrôle des frontières sera renforcé et des tests négatifs seront exigés pour les voyageurs en provenance de la Guyane, de La Réunion et de Mayotte.

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Une soignante dans un dispensaire où est dépisté le Covid-19 à Maripasoula (Guyane), le 18 août 2020. (THIBAUD VAERMAN / HANS LUCAS / AFP)

Les Outre-mer sous surveillance renforcée. Des mesures de restriction d'urgence vont être mises en place en Guyane, à Mayotte et à La Réunion alors que des variants du Sars-CoV-2 circulent dans ces territoires, a prévenu jeudi 14 janvier, Jean Castex. En Guyane, "le contrôle des frontières sera renforcé et des tests négatifs seront exigés" pour rejoindre les Antilles et l'Hexagone. De la même manière, des "tests négatifs seront exigés pour les vols en provenance de Mayotte ou de La Réunion"

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Les préfets pourront aussi prendre des mesures supplémentaires en fonction de l'évolution de l'épidémie. Plus tôt jeudi, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, avait également annoncé sur Outre-mer La 1ère un durcissement des mesures pour la GuyaneFranceinfo fait le point.

Un variant suspecté de circuler aux Comores

Concernant La Réunion et Mayotte, les restrictions s'expliquent par leur proximité géographique avec les Comores. La Réunion est située à 1 672 kilomètres de cet archipel de l'océan Indien et Mayotte à une centaine de kilomètres. Or "des informations préoccupantes indiquent que le variant à risque d'Afrique du Sud serait déjà disséminé aux Comores", a mis en garde Jean Castex lors de sa conférence de presse. Sur Facebook, le ministère de la Santé des Comores a indiqué que 62 nouveaux cas avaient été recensés sur l'archipel jeudi, sans préciser la part due au variant détecté en Afrique du Sud. Depuis le début du mois de janvier, les contaminations sont en hausse sur l'archipel et le variant est suspecté d'en être la cause. Au total, 1 403 personnes ont été testées positives aux Comores (pour une population de quelque 850 000 habitants).

Lors d'une audition du ministre des Outre-mer au Sénat, le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi a prévenu jeudi que le variant "501" (celui qui a été détecté en Afrique du Sud) "a pénétré l’océan Indien" et que le virus "fait des dégâts dans l'île comorienne de Mohéli". Sur franceinfo, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a pour sa part expliqué mercredi que l'inquiétude concernant le variant sud-africain "porte beaucoup sur La Réunion et sur Mayotte, puisqu'il y a beaucoup de liens entre l'Afrique du Sud et La Réunion".

Face à cette situation, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte ont effectué des campagnes de tests aux Comores pour déterminer la présence ou non du variant sur le territoire. L'ARS a notamment envoyé un avion avec 4 000 tests, des blouses et des masques pour Mohéli. "On va avoir les résultats très vite", a assuré le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu. 

"On a déjà demandé à ce qu'un certain nombre de liaisons avec les pays africains soient suspendues, et on va systématiser les tests, notamment à l'arrivée des Comores."

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

lors d'une audition au Sénat

En attendant, le gouvernement a déjà pris des mesures pour tester les voyageurs au départ et à l'arrivée des Comores. Selon la directrice de l'ARS Mayotte, Dominique Voynet, certains voyageurs arrivés des Comores qui détenaient des résultats négatifs "réalisés dans des conditions non rigoureuses" ont même été testés une seconde fois.

Un variant détecté au Brésil inquiète la Guyane

La circulation du virus inquiète également en Guyane. Le nombre de contaminations est en hausse. Selon le dernier bulletin (PDF) de l'ARS Guyane, le 7 janvier, le nombre de cas confirmés de Covid-19 a augmenté, avec, sur une semaine, 75 nouveaux recensés chaque jour en moyenne et un taux d'incidence passé de 134 à 181 cas pour 100 000 habitants. "On est de nouveau dans une reprise de l'épidémie qui est tout à fait préoccupante en Guyane et contre laquelle il faut réagir très, très vite", a prévenu Sébastien Lecornu sur Outre-mer La 1ère.

Le ministre a indiqué qu'il allait "demander aux préfets d'instruire la possibilité d'un couvre-feu strict le dimanche", et que le gouvernement allait "redifférencier le couvre-feu, non plus en trois zones, mais en deux zones". Depuis le début de la pandémie les autorités ont modulé les horaires de couvre-feu en fonction de la circulation du virus dans les communes. Le ministre a précisé que le gouvernement allait "reavancer les horaires" et, "évidemment", "renforcer le contrôle à la frontière", en visant notamment ceux "qui cherchent à échapper aux mesures de freinage sur notre territoire et qui vont goûter le carnaval autorisé du Surinam ou du Brésil".

En plus de la circulation du virus, la situation de l'Amazonie brésilienne, frontalière, inquiète. "La Guyane et, à travers elle, les Antilles, doivent être le plus possible protégées du variant à risque qui circule en Amazonie", a ainsi prévenu le Premier ministre, Jean Castex. Le Japon a annoncé dimanche avoir découvert un nouveau variant du Covid-19 sur des patients de retour d'Amazonas, un Etat du nord-ouest du Brésil, précise Le Monde (édition abonnés). Il est actuellement analysé et pourrait avoir des conséquences sur la réponse immunitaire, selon l'OMS qui évoque "un variant inquiétant". 

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